Politique




Par Honoré Dontui - 05/08/2025
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Togo : Les évènements de juin 2025 ravivent la peur dans la diaspora

    En juin 2025, le Togo a de nouveau été le théâtre des manifestations socio-politiques suite à l’appel d’influenceurs, d’artistes et d’autres togolais majoritairement résidant à l’étranger. 
    Des milliers de manifestants ont envahi les rues, les 6, 26, 27 et 28 juin derniers, pour protester contre la vie chère, le récent changement de Constitution, qui ouvre la voie à Faure Gnassingbé, après ses 20 ans de pouvoir à la tête du pays en tant que chef d’Etat, pour devenir président du conseil à vie, tout en conservant l’ensemble des pouvoirs exécutifs. Ils ont également exigé la libération des détenus politiques et d’opinion.
    En réponse aux manifestants, une répression brutale, des arrestations arbitraires qui se poursuivent encore, poussant certains jeunes à vivre dans la clandestinité. Des repêchages de corps dans la lagune de Bè et du 4ème Lac au niveau d’Akodesséwa, au moins 7 morts selon la société civile. Le gouvernement, dans un communiqué indique que « la découverte et le repêchage de corps dans le 4I” lac à Akodesséwa et dans la lagune à Bè, les 26 et 28 juin, ont donné lieu à des tentatives de récupération malheureuses, démenties par les résultats des analyses médico-légales qui, aussitôt conduites, ont révélé que ces décès sont survenus par suite de noyade ».  « Des actes de tortures et autres mauvais traitements et plusieurs enlèvements ont été commis» affirme Amnesty International dans un rapport publié le 03 juillet. 
    Les manifestations de juin 2025, constituent les premières grandes mobilisations publiques au Togo depuis celles de 2017, enclenchées le 19 août par le Parti national panafricain (Pnp) et son leader Tikpi Salifou Atchadam pour protester contre la confiscation du pouvoir par la famille Gnassingbé depuis 1967. Le mot d’ordre : « 50 ans, ça suffit ». Des manifestations synchronisées ont eu lieu dans les principales villes du Togo qu’à l’international. On a dénombré des centaines de blessés, des arrestations et des morts. S’en est suivi, une chasse à l’homme contre les militants et partisans du PNP. Plusieurs militants dont le Dr Sama Kossi, Secrétaire Général du Parti National Panafricain et Ouro-Djikpa Tchatikpi, également du bureau national seront arrêtés et jetés en prison. Certains infortunés arrêtés croupissent toujours dans les prisons du Togo. D’autres militants n’ont eu la vie sauve qu’en prenant le chemin de l’exil. C’est le cas de TCHAPEOU AKPO Rachid dont son papa fut camarade de Tikpi Atchadam au CEG Kparatao et soutien de ce dernier.
    Depuis ces événements, le régime de Lomé s’est fortement recroquevillé avec des lois interdisant les manifestations politiques, réduisant les libertés individuelles et de regroupement. D’ailleurs, le ministre Gilbert Bawara, avait affirmé qu’« Il n’y aura plus jamais d’autres 19 août 2017 ».
     A contrario, de ce qui se passe au plan national, le régime entretient sur l’échiquier international un semblant d’ouverture de façade. Jean-Paul Oumolou, de la diaspora togolaise, arrêté à Lomé sans mandat d’arrêt alors qu’il était en séjour au Togo.
    Les évènements de juin dernier sont venus rappeler au monde entier « le visage sanglant » de ce que certains analystes décrivent comme « la dernière grande dictature d’Afrique».  Au sein de la diaspora togolaise, à l’origine des mobilisations, la répression subie par les manifestants et non manifestants jusque dans leurs domiciles, ainsi que l’annonce de mandats d’arrêt international du gouvernement contre certains d’entre eux,  ravivent de douloureux souvenirs et confortent la peur d’un retour au pays. 
    Installé en France, le jeune TCHAPEOU AKPO Rachid poursuit ses études et a décroché une Licence en logistique. La Covid-19 a freiné l’élan de ce jeune.
    Craignant pour sa vie, Rachid est contraint de rester en exil malgré lui, de peur de subir le même sort que ceux qui avaient tenté l’aventure d’un retour au pays. Il espère obtenir d’ici peu, un quitus pour poursuivre ses études en master pour démontrer sa compétence.
    A l’image de TCHAPEOU AKPO Rachid, de nombreux togolais sont ainsi condamnés à l’exil forcé. 

LC
 

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