Politique




Par Honoré Dontui - 14/10/2025
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Enfin/ Reculade assumée : Plus de cinq mois pour reconduire Bawara et trouver sept nouvelles têtes

    Après cinq mois et six jours, il a plu à Faure Gnassingbé mercredi 8 octobre 2025 de former enfin un nouveau gouvernement pour sa Vème République.
    En tout, le nouvel exécutif compte 27 ministres dont 10 délégués soit  une dizaine de moins que l’ancien gouvernement d’août 2024 qui comptait 36 membres dont 4 délégués et 2 nommés à la Présidence de la République. 
    7 véritables nouvelles figures font leur entrée en plus du retour de Kodjo Adedze au gouvernement : Kodzo Sevon Tépé Adedze (Ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, retour au poste, Badaname Patoki (Ministre de l’Économie et de la veille stratégique), Martine Moni Sankardja (Ministre du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance), Yakolè Kokou Johnson (Ministre délégué chargé de la coopération et des Togolais de l’extérieur), Séna Alipui (Ministre délégué chargé de l’eau et de l’assainissement), Kossi Tenou (Ministre délégué chargé du commerce et du contrôle de la qualité).

 17 départs du gouvernement 
Victoire Tomégah-Dogbé (PM) poste supprimé dans la 5ème République, Général Damehane Yark (Ressources halieutiques et transhumance), Yawa Tségan (Urbanisme et réforme foncière), Katari Foli-Bazi (Environnement et ressources forestières),
 Rose Kayi Mivedor-Sambiani (Commerce, artisanat et consommation locale), Bouraïma Kanfitine Tchede-Issa (Désenclavement et pistes rurales), Mipamb Nahm-Tchougli (Justice et législation), Mila Aziablé (Eau et assainissement), Lidi Bessi-Kama (Sports et loisirs),
Kanka-Malik Natchaba (Enseignement supérieur et recherche), Richard Kangbeni (Économie maritime et protection côtière), Prof. Akossiwa Zinsou-Klassou (Action sociale, solidarité et promotion de la femme), Pascal Bodjona (Ministre à la Présidence), Kokou Edem Tengue (Ministre à la Présidence), Mohamed Ouro-Sama (Ministre délégué auprès du ministre de la sécurité et de la protection civile), Mawussi Kakati (Ministre délégué auprès du ministre des mines et des ressources énergétiques), Prof Kossivi Hounake (Ministre délégué auprès du ministre du commerce, de l’artisanat et de la consommation locale).

15 ministres sont maintenus ou renforcés ou ont changé de poste ou deviennent ministres délégués   
Gilbert Bawara il abandonne Réforme des services publics, travail et dialogue social pour des Relations avec le parlement et les institutions
Cina Lawson (élargissement du champ d’action : numérique+ réforme administrative) économie numérique et transformation digitale pour efficacité du service public et transformation numérique
Essowè George Barcola (léger réajustement de l’Economie et des finances pour Finances et budget
Antoine Lekpa Gbegbeni (maintenu avec portefeuille élargi et renforcé), Agriculture et hydraulique pour Agriculture, pêche et souveraineté alimentaire
Colonel Awaté Hodabalo (portefeuille élargi à la gouvernance locale) Administration territoriale et chefferie coutumière pour Administration territoriale, gouvernance locale et affaires coutumières
Yawa Kouigan (culture transféré au ministère du tourisme, Médias supprimé), garde seule la Communication
Prof Komla Dodzi Kokoroko (portefeuille renforcé), départ de l’Enseignement primaire et secondaire pour l’Environnement, qui reprend les Ressources forestières, de la protection côtière et du changement climatique
Pacôme Adjourouvi (Portefeuille élargi aux droits humains) : Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits Humains 
Mazama-Esso Assih (portefeuille charcuté de jeunesse cédée à un ministère délégué (Abdoul Fofana), elle conserve le développement à la base et économie sociale et solidaire à la place du Développement à la base, inclusion financière, jeunesse et emploi des jeunes.
Sani Yaya précédemment ministre des Travaux publics et des infrastructures, il devient ministre délégué au même portefeuille sous le Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat,
Isaac Tchiakpé : du ministère de l’Enseignement technique et la formation professionnelle, il atterrit au Tourisme, culture et arts ; Jean-Marie Koffi Tessi : de l’Accès aux soins et couverture sanitaire, il occupe désormais la Santé, l’hygiène publique, couverture sanitaire universelle et assurances ; Manuella Santos: ministre de l’Industrie et promotion des investisseurs, elle devient déléguée auprès du ministre de l’Economie ; Koamy Gomado: de l’Aménagement et développement des territoires, il devient ministre délégué auprès du ministre de l’Aménagement chargé du développement local ; Abdul Fofana: ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports 
Les trois ministères de Défense, Fonction publique, Travail, du Dialogue social et Transports sont rattachés à la Présidence du Conseil
Autres particularités : l’introduction de nouvelles terminologies dans l’intitulé de certains portefeuilles ministériels en l’occurrence l’efficacité du service public, l’économie sociale et solidaire, la veille stratégique, la souveraineté alimentaire, la souveraineté économique, les solidarités, le changement climatique, ou encore le contrôle qualité.
Il est à noter également l’absence totale de ministre d’État dans le nouveau gouvernement. 
Rien de nouveau
Il est annoncé en attendant la présentation de la politique générale du Chef du gouvernement que la nouvelle équipe est placée sous le signe de l’innovation.
Pourtant, s’il faut attendre cinq mois pour reconduire les mêmes figures comme Gilbert Badjilembayena Bawara qui a déjà fait 18 ans tout comme Robert Dussey (12 ans), Cina Lawson (13 ans) au gouvernement sans rien foutre, ce  n’est qu’une perte de temps. Il apparait que le Président du Conseil s’est arrangé avec ses amis et proches pour maintenir le pilotage à vue à la tête du pays. En plus de l’absence de ministre d’État, Faure Gnassingbé, chef du gouvernement garde avec lui au moins trois ministères: Défense, Fonction Publique et Transports. Bien évidemment, une sanction à Bawara incapable de juguler la crise dans le secteur bancaire. Mais comme il faut toujours lui trouver quelque chose, il va être son porte-parole auprès du Parlement.
Par ailleurs, le changement de dénominations fantaisistes à plusieurs ministères à chaque formation de nouveau gouvernement est un gaspillage des ressources puisque cela engendre des coûts dans la confection des enseignes et consorts.
Dans un pays aussi socialement délabré, politiquement divisé et économiquement exsangue, la concentration du pouvoir comme Faure le fait même dans son régime parlementaire qui appelle à plus de souplesse dans la gouvernance, est un indicateur du peu de sérieux qui caractérise sa gouvernance. Lorsqu’on crée par exemple de vaste ministère qui avale plusieurs ministres délégués, soit 10 dans un gouvernement, pourquoi ne pas simplement les transformer en Direction de certains services pour limiter les dépenses de l’État ? En plus, le débauchage de militant de l’opposition pour continuer de semer la confusion dans les esprits continue. Après Koamy Gomado de l’ANC en 2024, Faure Gnassingbé a jeté son dévolu sur Martine Moni Sankardja de l’ADDI.
En somme, il n’y a rien de nouveau. Avec Faure Gnassingbé, la dégringolade est bien assurée au grand dam de la grande majorité de la population misérable.


Kokou AGBEMEBIO

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