Politique




Par Honoré Dontui - 30/07/2025
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Evala : Entre gaspillage et discrimination culturelle

Cela fait près de six décennies que cette situation perdure. De Eyadema à Faure Gnassingbé, la célébration des rites traditionnels Evala en pays kabyè, polarise les débats. Elle divise par sa primauté sur les fêtes traditionnelles du Togo,  la paralysie de l’administration publique et ses lourdes conséquences sur les ressources du pays.
Discrimination culturelle et gaspillage

Pendant toute la semaine du 19 juillet au 26 juillet 2025, Evala a mobilisé du monde. 

Dans ce contexte de crise sociopolitique, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé s’est fait un retour triomphal où les populations des Régions des Savanes, de la Kara et Centrale lui ont réservé un accueil «chaleureux» à son arrivée à Pya.

Il s’est fait accompagner à sa descente d’avion de la piste de Niamtougou à son domicile de Pya par des groupes organisés des préfectures des trois régions qui se sont massés le long du trajet.

Ce sont des hommes et femmes estimés à quelque 30.000 personnes qui lui ont fait la haie vive , dansant et scandant des slogans avec des banderoles, bâches et pancartes. Sur les banderoles et autres objets de communication, on pouvait lire : « Les vaillantes et paisibles populations de la région de la Kara et ses environs, unies et ensemble derrière vous »; « Président du Conseil, recevez l’assurance de notre respectueux dévouement à votre politique de paix, de réconciliation et de décentralisation », « Dans la joie et l’allégresse, nous célébrons la 5ème république »,  « Faure Essozimna GNASSINGBÉ, votre politique a permis au Togo d’être un pôle d’intérêt et de dynamisme dans le processus d’intégration régionale ».Un retour aux marches de soutien dans les années de plomb de Gnassingbé Eyadema. Décrié pour sa constitution «batarde» pour reprendre les termes de Jean-Pierre Fabre, Président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) , le Président du parti UNIR s’est offert ce bain de foule pour se donner l’image d’un dirigeant adulé par son peuple.

Une première pour Faure aux Evala. Tout ceci a un nom : gaspillage de ressources du pays puisque tout ce folklore a un coût supporté par les deniers publics.
Au passage, toute l’administration a été mise à contribution: ministres, directeurs généraux, conseillers, chefs de services. Plusieurs sociétés d’État sont partenaires de l’événement. Chaque année à la même période, tout est au ralenti. Pour un pays dont la dette publique en décembre 2024  s’élève à 4 217,73 milliards FCFA, soit 69,16 % du PIB, près du seuil de tolérable de 70 % de  l’UEMOA, les dirigeants ont encore le toupet de tout paralyser pendant une semaine au nom d’une fête traditionnelle d’une partie de la Région de la Kara. Au-delà des conséquences dramatiques sur l’économie nationale, la célébration grandiloquente des Evala  avec présence effective du Président Gnassingbé au détriment des autres célébrations traditionnelles du pays apparait une discrimination culturelle et sape le vivre ensemble.

Tout ceci se passe alors que le Togo est sans gouvernement depuis le  2 mai 2025. 

Kokou AGBEMEBIO

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