Nation




Par Honoré Dontui - 12/08/2025
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Refus délibéré des manifestations pacifiques : Les OSC appellent à refuser la soumission

Des Organisations de la société civile (OSC) et de défense des droits de l’Homme, en conférence de presse ce mardi 12 août à Lomé, ont dénoncé les interdictions répétées de manifestations pacifiques par les autorités togolaises. Elles y voient une dérive autoritaire et une fermeture de l’espace civique et appellent la population à observer, une journée nationale de désobéissance civile, le samedi 16 août 2025,   à travers une opération «TOGO MORT». L’objectif selon les organisateurs,  c’est de protester pacifiquement à la répression et dire NON aux gouvernants, qui piétinent les droits et dignité de ses concitoyens. Lire la déclaration : 

Les OSC et ODDH appellent à une journée de désobéissance civile le samedi 16 août 2025, à travers une opéra on «TOGO MORT» 
Déclaration liminaire.

Après la violence d’Etat et la répression sanglante des manifestations pacifiques de la jeunesse togolaise, la dictature militaire et dynastique au Togo s’illustre par une politique du mensonge d’État et du refus systématique des libertés fondamentales, notamment celle de manifester. Pourtant, le droit de manifester est garanti par l’article 30 de la Cons tu on togolaise de 1992 et soutenu par l’article 11 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. 
À trois reprises en effet, le régime au pouvoir a interdit des manifestations citoyennes pacifiques et dûment déclarées, au mépris total des dispositions de la loi encadrant les manifestations publiques.
1. D’abord, le 1er prétexte fut la campagne électorale pour les élections municipales ; en effet, le courrier du ministre de l’administration territoriale en date du 10 juillet 2025 disait en substance : «Les campagnes électorales sont souvent des périodes où cohabitent euphorie, passion et agitation que l’autorité administrative se doit de gérer en vue du maintien de l’ordre public». 
2. Ensuite, le 2e prétexte fut un prétendu processus électoral municipal inachevé, alors que la campagne était terminée et que le scrutin avait déjà eu lieu. En effet, le courrier du 23 juillet 2025 a justifié le nouveau refus en arguant du fait que : «le processus électoral est toujours en cours, la proclamation des résultats provisoires par la CENI ayant ouvert la voie à la phase du contentieux électoral préalablement à la proclamation ultérieure des résultats définitifs par la Cour suprême». 
3. Et enfin, plus gravement, le 3e courrier a imaginé de nouveaux prétextes particulièrement saugrenus comme : «le trajet de la marche qui passe tout le long de la lagune de Bè, lieu même où certains corps ont été repêchés présente un risque élevé de bousculades»; ou bien encore : «le contexte actuel est marqué par des appels répétés à la haine... à des attaques contre les forces de l’ordre et de sécurité... ainsi le contexte n’augure pas un climat serein pour l’encadrement d’une manifestation» ; ou enfin : «afin de faire la lumière sur les récentes manifestations, une information judiciaire est ouverte... à l’effet d’élucider les circonstances desdits décès objets de votre demande».
Trois courriers, trois justifications différentes. Le 3e  courrier du ministre de l’administration territoriale franchit une ligne rouge: celle de l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de toute manifestation pacifique, même s’il s’agit d’une manifestation dûment déclarée conformément aux dispositions légales. 
Pour le pouvoir, la stratégie désormais c’est d’interdire pour mieux étouffer la parole citoyenne. 
Ce refus systématique des manifestations jette une lumière crue sur le double langage du régime. Le ministre des droits de l’homme, M. Adzrourouvi, avait affirmé sur un média international qu’il n’y a jamais eu d’interdiction de manifesta on et que si les organisateurs font ce qu’il faut, en respectant les dispositions légales alors la manifestation n’est pas interdite. Mensonge ou incompétence ? 
· Soit il ment effrontément à la communauté internationale, en dissimulant la réalité de la répression au Togo ; 
· Soit il n’a aucune autorité réelle sur les décisions qui concernent les droits qu’il est censé défendre.
Dans les deux cas, il décrédibilise la fonction qu’il occupe et démontre une chose : le droit de manifester n’est plus garanti dans notre pays, en dépit de son inscription claire dans la Constitution. A partir de là, des conséquences s’imposent et il faut les tirer. 
Le peuple togolais ne peut plus accepter cette fermeture brutale de l’espace civique, cette dérive autoritaire qui consiste à décider du moment où le peuple peut pleurer ou se recueillir. L’émotion ne se décrète pas. La mémoire ne se censure pas. 
La dictature a décidé de verrouiller tout espace d’expression citoyenne, mais le pouvoir oublie que nous ne sommes pas ses sujets, mais des citoyens libres et souverains. Et en tant que tels, nous avons le devoir de résister à toute forme d’injustice. Et nous refusons d’être gouvernés par la peur, le mensonge et le mépris. 
Face à cette situation, le Front Citoyen Togo Debout, la Nova on internationale et toutes les autres organisations citoyennes signataires appellent à une journée de désobéissance civile le samedi 16 août 2025, à travers une opération «TOGO MORT». 
Un geste pacifique, puissant, pour exprimer notre refus de la soumission à un État qui piétine nos droits et notre dignité. Une journée de silence, de fermeture, de recueillement et de refus : refus de la soumission, refus de l’oubli, refus du bâillon.
Lorsque l’État interdit systématiquement les manifestations légales et obture l’espace civique, il pousse inévitablement le peuple à reprendre la rue par d’autres moyens. Le M66 annonce une grande manifestation nationale spontanée le samedi 30 août 2025. 
La société civile se tient aux côtés du peuple. Elle soutient cette démarche et appelle toutes les forces démocratiques à la convergence, à s’organiser et à se préparer. 
Nous manifesterons pour nos martyrs. Nous manifesterons pour notre liberté. Nous manifesterons pour notre Constitution. Nous manifesterons pour les détenus politiques. Nous manifesterons pour une bonne gouvernance. 
Le Togo n’est pas une prison. Il est notre pays. Il est notre avenir. 
TOUS ENSEMBLE METTONS UN TERME DEFINITIF A LA DICTATURE MILITAIRE ET DYNASTIQUE QUI A PRIS EN OTAGE LE TOGO DEPUIS TROP LONGTEMPS. OBSERVONS TOUS ENSEMBLE L’OPERATION «TOGO MORT» CE SAMEDI 16 AOUT 2025 !

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