L’opposition togolaise franchit une nouvelle étape dans sa dynamique de mobilisation. À la suite de l’intégration de deux nouvelles formations politiques et de la signature d’une nouvelle charte, la plateforme de réflexion et d’action s’est transformée en Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC).
Cette nouvelle coalition regroupe désormais l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), les Forces Démocratiques pour la République (FDR), le Parti Socialiste pour le Renouveau (PSR) de Komi Wolou, l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) de Aimé Gogué ainsi que plusieurs organisations de la société civile, dont le Front Citoyen Togo Debout (FCTD).
Le CNCC s’est fixé plusieurs objectifs, notamment la mobilisation des forces de résistance à l’intérieur du pays et dans la diaspora, la promotion de la culture démocratique à travers des actions d’éveil des consciences, la formation d’un citoyen togolais conscient de ses droits et devoirs, la création des conditions favorables à l’alternance politique, la défense des droits humains ainsi que le plaidoyer auprès des organisations régionales et internationales.
Dans cette dynamique, le Cadre National de Concertation pour le Changement a annoncé la tenue d’un grand meeting populaire le samedi 9 mai 2026 à Lomé, dans le quartier Hanoukopé, à Akassimé, à partir de 14 heures.
Selon les responsables du CNCC, cette manifestation marque une nouvelle étape dans la structuration de la contestation contre la réforme constitutionnelle de 2024, qualifiée par l’opposition de « verrouillage politique ». Le cadre appelle ainsi à une mobilisation générale pour « faire échec à la 5e République et à l’arbitraire sous toutes ses formes».
Le Professeur David Dosseh du Front Citoyen Togo Debout a lancé un appel à l’engagement populaire.
« Aujourd’hui, nous sollicitons la confiance de l’ensemble du peuple togolais et demandons à tous de se remobiliser pour l’ultime combat, en étant conscients qu’un peuple mobilisé et déterminé est invincible. Notre combat est la voie sacrée vers un changement de système qui mettra fin aux déviances du pouvoir et à l’impunité qui préserve les intérêts des prévaricateurs », a-t-il déclaré.
Le responsable du FCTD a également plaidé pour la reconstruction des institutions de la République, une gouvernance économique plus équitable, la lutte contre la corruption, la restauration de l’indépendance de la justice ainsi qu’une meilleure prise en charge des besoins sociaux des populations.
« Il est temps de respecter le peuple souverain. Il est temps de restaurer la dignité du peuple togolais souverain », a-t-il martelé, avant d’appeler les Togolais de l’intérieur et de la diaspora à s’engager dans « la lutte décisive » contre « la constitution frauduleuse et scélérate du pouvoir RPT/UNIR ».
Le CNCC invite ainsi les populations à participer massivement à ce meeting populaire qu’il présente comme un moment décisif dans la lutte pour le changement politique au Togo.
Les membres du cadre dénoncent notamment « la restriction des libertés fondamentales, les entraves aux activités des partis politiques et des organisations de la société civile, les répressions violentes des manifestations populaires, les détentions arbitraires, la torture, les suspensions de médias et l’instrumentalisation de la justice ».
De son côté, Me Dodji Apévon, Président national des FDR, estime que les discours officiels doivent désormais être suivis d’actions concrètes.
« Il ne suffit pas de parler pour parler. Quels sont les actes posés par Faure Gnassingbé après son discours du 27 avril dernier ? », s’est-il interrogé, tout en lançant un appel à la mobilisation des populations.
Séyram R.
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