En conseil des ministres du jeudi 30 juillet 2026, 107 maîtres de conférences et maîtres de conférences agrégés des universités de Lomé et de Kara ont obtenu leur décret de nominations au grade de professeur titulaire.
Cette promotion concerne des enseignants-chercheurs inscrits sur les listes d’aptitude aux fonctions de professeur titulaire à l’issue des 43I”, 44I”, 45I”, 46I” et 47I” sessions des comités consultatifs interafricains du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), l’institution chargée d’évaluer et d’harmoniser les carrières universitaires dans plusieurs pays africains.
La nomination des cent sept enseignants-chercheurs au grade de professeur titulaire traduit selon le gouvernement la reconnaissance de leur mérite scientifique et pédagogique. Elle renforce les capacités d’enseignement, de recherche et d’encadrement des universités publiques et contribue au prestige de l’enseignement supérieur togolais.
Par ailleurs, le gouvernement leur adresse ses chaleureuses félicitations aux enseignants-chercheurs promus et les encourage à poursuivre leurs efforts en faveur de l’excellence académique, de l’innovation scientifique et de la formation des générations futures. Il invite également l’ensemble de la communauté universitaire à s’inscrire dans cette dynamique d’excellence, de performance et de mérite, afin de consolider davantage le rayonnement de l’enseignement supérieur togolais aux plans régional et international.
Des grades de Professeur Titulaire au bout du soulèvement
Ce décret est une décision banale à première vue mais dans le contexte togolais, il a fallu faire de la gorge chaude.
Plusieurs enseignants-chercheurs ont exprimé, jeudi, 2 juillet 2026 à l’Université de Lomé, leur mécontentement face à ce mépris. Au total, 83 enseignants-chercheurs ont observé un sit-in pour réclamer la signature de leurs décrets de nomination, condition indispensable à la pleine reconnaissance de leur statut de professeurs titulaires. La mobilisation a commencé par une marche sur le campus avant de se transformer en sit in au grand rond-point universitaire. Les enseignants concernés, promus au grade de professeurs titulaires depuis 2021 selon les instances du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), affirment attendre depuis plusieurs années la finalisation de leur nomination administrative. Selon eux, cette situation crée un décalage entre leur reconnaissance académique et leur statut administratif, avec des conséquences directes sur leurs droits professionnels et financiers.
Les manifestants ont fait appel au Président du Conseil chargée de la validation finale des nominations.
Au lendemain du sit-in observé la présidence de l’Université de Lomé a réaffirmé sa volonté de privilégier le dialogue afin de trouver une issue à la revendication des enseignants-chercheurs concernés.
Dans un communiqué publié le 3 juillet, le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounake, indique que plusieurs démarches avaient été entreprises avant le mouvement d’humeur. Les représentants des enseignants inscrits sur la Liste d’Aptitude à la Fonction de Professeur Titulaire (LAFPT) ont ainsi été reçus le 30 juin pour échanger sur leurs préoccupations, notamment le retard dans la signature de leur décret de nomination.
Une seconde rencontre s’est tenue le 1er juillet sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Professeur Gado Tchangbedji. Selon la présidence, ces concertations traduisent la volonté des autorités universitaires et du ministère de parvenir à une solution consensuelle dans le respect des procédures en vigueur.
Au bout du soulèvement, les enseignants-chercheurs sont enfin rentrés dans leurs droits.
Cette situation traduit la légèreté qui caractérise qui caractérise la gestion du Togo où l’État de droit n’a pas droit de cité.
Kokou AGBEMEBIO
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