Le 5 novembre 2025, à l’Université d’Abomey-Calavi, M. Tobossi Kponou Mathieu a franchi une étape majeure de sa carrière scientifique en soutenant sa thèse de doctorat intitulée « Habitudes alimentaires, profils nutritionnels et biochimiques des patients reçus dans le service d’hépato-gastro-entérologie du CHU CAMPUS de Lomé ».

Le jury, présidé par le Professeur Lamine Said BABA-MOUSSA, réunissait des enseignants-chercheurs venus du Bénin, du Togo et du Burkina Faso : le Professeur Sabila Kou’santa AMOUZOU (Université de Kara), le Maître de recherches Fabrice BATIONO (CNRST, Burkina Faso), le Professeur Nicodème W. CHABI, le Professeur-directeur de thèse Abdel Haziz SINA OROU, et le Maître de conférences Mamatchi MELILA (Université de Lomé). Tous ont salué l’originalité et la rigueur d’une recherche à forte portée clinique et sociale.
À l’issue de la délibération, M. Tobossi a obtenu le grade de Docteur en Biochimie et Nutrition cliniques, avec la mention Très honorable. Déjà reconnu pour son expertise à la tête du cabinet Nouvelle Formule Sanitaire (NFS Togo), il a mis son expérience pratique au service d’un travail de recherche approfondi, apprécié par le jury pour sa pertinence dans la prise en charge des maladies hépatiques et digestives.
Ému, le nouveau docteur a tenu à exprimer sa gratitude : « Mes remerciements vont à mes maîtres, aux deux universités, à mes amis, parents, patients et surtout au Tout-Puissant Créateur. Ce parcours, semé d’embûches, m’a permis d’acquérir une nouvelle maturité.»
La thèse repose sur un constat alarmant : la prévalence élevée des hépatites B et C à Lomé, représentant plus du tiers des pathologies hépatiques du CHU CAMPUS. Malgré les traitements existants, les complications et les décès demeurent fréquents. Parallèlement, l’ulcère gastrique reste très répandu, aggravé par une alimentation déséquilibrée, la consommation excessive de graisses saturées, de sucres raffinés, l’obésité abdominale et la sarcopénie.

Les résultats révèlent que près de 78 % des patients consomment régulièrement des repas de rue et que 80 % présentent une faible diversité alimentaire, compromettant leur état nutritionnel et la réponse thérapeutique. L’étude établit des corrélations claires entre les troubles métaboliques (obésité viscérale, stéatose hépatique, diabète, hypertension) et les habitudes alimentaires néfastes.
Les principaux facteurs alimentaires agresseurs identifiés sont l’alcool, les boissons sucrées riches en fructose, les graisses saturées et trans, ainsi que les aliments fumés ou trop salés. À l’inverse, les aliments protecteurs tels que les fruits, légumes, poissons maigres et laits fermentés réduisent significativement les risques de stéatose hépatique, jusqu’à 55 % selon les analyses.
Pour répondre à ces enjeux, Dr Tobossi propose la création d’un guide alimentaire adapté aux patients hépatiques et ulcéreux du Togo, tenant compte des réalités socio-économiques locales. Ce document viserait à promouvoir la diversification alimentaire, la qualité protéique et la régénération cellulaire du foie et du système digestif.
Au-delà du CHU de Lomé, cette recherche ouvre des perspectives sur les liens entre transition nutritionnelle, infections virales et déséquilibres métaboliques, souvent à l’origine de fibroses et de cirrhoses. Le jury a encouragé le chercheur à diffuser largement ses résultats afin d’éclairer les politiques de santé publique.
La nutrition, désormais reconnue comme un pilier essentiel de la thérapeutique, pourrait transformer la prévention et la prise en charge des maladies digestives au Togo. Par son approche innovante, la thèse du Dr Tobossi constitue une référence et un espoir renouvelé pour les patients et les professionnels de santé de la sous-région.
LC
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire