Un atelier de réflexion de trois jours consacré au travail décent a démarré le 28 avril pour s’achever le 30 avril. Initiée par le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot), avec le soutien de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) et d’autres centrales syndicales, cette rencontre s’articule autour du thème : « Syndicats et acteurs syndicaux, quelles contributions pour le travail décent, la stabilité et la paix sociale ?».

Cette initiative intervient dans un contexte où les questions liées aux conditions de travail, à la protection des droits des travailleurs et à la qualité du dialogue social occupent une place centrale dans le débat public. À travers cet atelier, les organisateurs entendent ouvrir un cadre d’échanges approfondis entre acteurs syndicaux, experts et partenaires sociaux afin de faire le point sur la situation actuelle du monde du travail au Togo.
Pendant ces trois jours, les participants se penchent notamment sur les conditions de vie et de travail des travailleurs togolais, tout en examinant le cadre juridique existant. Le Code du travail en vigueur constitue à cet effet un point focal des discussions. Il s’agit d’en analyser les forces, les insuffisances et les perspectives d’amélioration, à la lumière des normes internationales du travail, notamment celles du Bureau international du Travail (BIT).
.jpg)
Dr Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du Synphot et Nadouvi Lawson, de la STT
Au-delà de l’analyse juridique, l’atelier se veut également un moment de remise en question et d’introspection pour les acteurs syndicaux eux-mêmes. L’engagement des travailleurs, la question de la syndicalisation et le respect des devoirs apparaissent comme des enjeux majeurs. Les organisateurs insistent sur le fait que la défense des droits passe nécessairement par l’adhésion à des structures syndicales fortes et responsables.
Pour le Secrétaire général du Synphot, Dr Gilbert Tsolenyanu, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique innovante à l’approche du 1er mai, Journée internationale des travailleurs. Il s’agit, selon lui, de rompre avec certaines pratiques anciennes pour bâtir un syndicalisme plus stratégique et orienté vers les résultats. « C’est une manière d’innover par des réflexions stratégiques et de construire une dynamique nouvelle afin que l’action syndicale ait des impacts réels », a-t-il expliqué.
Dr Tsolenyanu appelle également à une évolution des pratiques syndicales vers ce qu’il qualifie de « syndicalisme 5.0 ». Un modèle basé sur la réflexion, l’analyse et la prise de décisions éclairées, loin des approches émotionnelles et du populisme qui ont parfois caractérisé le passé. « Nous ne sommes plus à l’ère du syndicalisme ouvrier guidé par l’émotion. Nous devons aujourd’hui privilégier un syndicalisme de pointe, fondé sur des analyses rigoureuses », a-t-il insisté.

Dans cette optique, l’atelier bénéficie de l’apport de deux consultants, dont un expert international. Parmi eux figure le Professeur Dosseh-Anyron Efoé, spécialiste du droit du travail et du droit social, qui a travaillé en collaboration avec le Professeur Diaw de Dakar. Leurs analyses visent à fournir des éléments concrets pour nourrir les réflexions et orienter les stratégies syndicales futures.
Les travaux permettront notamment d’examiner en profondeur l’économie du travail au Togo, ainsi que les mécanismes de régulation des relations professionnelles. Les conclusions attendues devraient déboucher sur des recommandations pratiques en vue de renforcer l’efficacité de l’action syndicale et d’améliorer les conditions de travail.
L’ambition des initiateurs va au-delà de cet atelier. Ils envisagent de porter les résultats de ces réflexions sur des scènes plus larges, notamment à la Conférence internationale du travail. Mais surtout, ils souhaitent enclencher un processus endogène de transformation du paysage syndical togolais.
Dans cette perspective, des rencontres sont envisagées avec le gouvernement, les parlementaires et les acteurs du secteur privé. L’objectif est de favoriser un dialogue inclusif pour construire un environnement de travail attractif, respectueux des droits et conforme aux standards internationaux de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Pour le Professeur Éfoué Dossey-Anyron, l’enjeu est de taille : il s’agit de promouvoir un droit du travail capable de concilier liberté, protection des travailleurs et développement durable. « Le Code du travail de 2021 a apporté des avancées significatives. Il convient maintenant de voir comment l’améliorer pour répondre aux attentes des différents acteurs de la relation de travail », a-t-il indiqué.
Au final, cet atelier se présente comme une étape importante dans la redynamisation du mouvement syndical togolais. En misant sur la réflexion, l’expertise et le dialogue, les organisateurs espèrent poser les bases d’un syndicalisme plus efficace, capable de contribuer durablement à la stabilité sociale et au développement économique du pays.
Georges A.
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire