La semaine dernière a été marquée par deux éléments qui au premier vu n’ont pas de lien. Il s’agit de l’augmentation des cas de choléra dans le District Sanitaire du Golfe et l’affaire du riz avarié. Mais une analyse plus fine de ces actualités montre qu’il est question de santé publique.
Au Togo, la précarité atteint depuis quelques années des proportions inquiétantes. Et l’image des populations se débattant pour avoir quelques kilos de riz avarié jeté sur une décharge vient confirmer cette triste réalité. En effet, si ces dernières années, le gouvernement tambourine les chiffres qui laissent croire que la pauvreté est en net recul au Togo, la réalité est tout autre. La bonne tenue de la croissance dissimule mal la précarité importante dans un pays où près d’une personne sur deux, vit dans la pauvreté. Et les images des populations se ruant sur un tas de riz avarié à Legbassito dans la Commune Agoè-Nyive 2 témoignent du niveau de la précarité dans le pays.
Les données des récentes enquêtes « Afrobarometre » révèlent que les Togolais déplorent la situation économique actuelle de leur pays de même que leurs propres conditions de vie. La majorité d’entre eux ont expérimenté une pauvreté modérée ou aiguë, ayant au moins quelques fois manqué de revenus en espèces, de soins médicaux, d’eau potable et de nourriture. Précisément, dans cette enquête publiée en avril 2024, 55% des Togolais ont manqué de nourriture en 2022. « Plus des trois quarts (78%) des Togolais ont vécu en situation de pauvreté modérée (41%) ou élevée (37%) », précisent les auteurs de l’enquête.
En ce qui concerne le choléra, selon les chiffres officiels, quatre décès ont été recensés. Plusieurs cas détectés sont sous traitement. Face à cette situation, le ministre de la Santé a annoncé le renforcement de l’alerte pour la détection précoce des cas, la désinfection des sites et des localités concernées, et une sensibilisation accrue sur les mesures préventives et la conduite à tenir devant des signes de suspicion. En réalité, selon certaines sources, la difficulté réside dans la détection des cas.
Et pour cause.En près de 60 ans de règne sans partage, le régime togolais n’a pas réussi à bâtir un système de santé efficace. Les hôpitaux sont laissés sans moyens. Difficulté d’accès, manque de matériels et de personnel, les hôpitaux manquent de tout. Nombreux sont les professionnels de la santé qui ont appelé à la construction d’un système de santé robuste. Mais visiblement, au sommet de l’État, cette évidence n’est pas une priorité.
Du coup, face à ces situations, les populations n’ont d’autre choix que d’augmenter leur niveau de vigilance. C’est le moyen pour éviter d’être confronté aux tares d’un système de santé défaillant.
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