Les terrains d’Agaza, du Lycée Baguida, du Lycée Sanguéra et la Colombe de la Paix ont été théâtre le samedi 04 janvier 2025 de concerts géants offerts « gracieusement », dit-on, à la jeunesse par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. Les préfets ont été appelés à se présenter à ces concerts. Ainsi, le gouvernement a bien voulu prolonger les festivités de fin d’année pour la jeunesse à 24h de la reprise des cours dans les écoles.
Un évènement et son timing qui ne surprennent guère au regard du peu de considération accordée à cette jeunesse dont l’utilité se retrouve uniquement dans les campagnes électorales. Et pour cause ! Le régime togolais n’a pas misé sur le capital jeunesse ces dernières années, si bien que cette jeunesse se trouve aujourd’hui désœuvrée. Touchés de plein fouet par le chômage, les jeunes sont en proie à la l’alcool et la drogue.
Selon une enquête menée par l’Alliance nationale des consommateurs et de l’environnement au Togo auprès de jeunes de 12 à 24 ans, une majorité d’entre eux consomment de l’alcool et près de 20% se droguent. 64,11% des sondés reconnaissent boire régulièrement de l’alcool, 17,94% prendre de la drogue et 8,27% fumer des cigarettes. S’agissant des stupéfiants, il s’agit principalement de cannabis et de Tramadol. Mais 17,4% assurent consommer aussi de la cocaïne. C’est cette jeunesse qu’on entretient avec des concerts où la dépravation est consacrée.
En réalité, cela n’a rien d’étonnant. Puisqu’une jeunesse oisive et désœuvrée est forcément facilement manipulable. Ainsi, il n’est pas question de l’occuper sainement. Depuis des années, le régime togolais a délaissé la jeunesse, un secteur pourvoyeur de talents et de futurs cadres du pays. On préfère détruire leur avenir et confisquer leur jeunesse. Les jeunes en majorité au Togo sont plus que jamais touchés par les temps qui courent, si durs soient-ils et les crises à répétition qui frappent le pays sur tous les plans.
De nombreux jeunes sont confrontés à des parents, quand ils sont encore réunis sous le même toit, qui se querellent pour des montagnes de factures, de frais en tout genre qu’ils ne peuvent comprendre. Un cortège de désagréments qui explose dans la rue et se traduit par un comportement violent. Si bien qu’elle va chercher à fuir sa réalité constamment dans les jeux virtuels, les scènes de rue et pis encore. Désespérés par l’absence totale de perspectives, beaucoup d’entre eux font le choix de braver la mer pour atteindre l’eldorado européen. Pis, d’autres rejoignent des groupes armés.
Face à ces situations qui constituent une bombe à retardement, le gouvernement ne trouve pas mieux que d’entretenir la descente aux enfers de la jeunesse avec des concerts. Pour en déplorer, après, « les conséquences désastreuses d’une jeunesse qui ne se maitrise pas ».
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