Dans certains pays du continent africain, des efforts sont consentis par plusieurs chefs d’État pour définitivement enterrer le phénomène du culte de la personnalité et ses corollaires. Tout le contraire du Togo qui baigne dans cette pratique depuis plus de 50 ans, de Gnassingbé Eyadema à Faure Gnassingbé. Une pratique mise au service de la dictature.
En Afrique, certains dirigeants ont décidé d’en finir définitivement avec le culte de la personnalité. C’est le cas notamment en Algérie. Depuis 2020, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné à l’ensemble des départements ministériels et des institutions de l’Etat de cesser d’utiliser l’expression « sur orientations et sur instructions du président de la République ». Il a même également demandé le retrait de la formule « Son Excellence ».
« Le Président ne demande pas à être sacralisé ou glorifié, mais de lui apporter un soutien solide », avait expliqué un conseiller du président pour justifier cette décision avant de rappeler les propos du président de la République, lors de son investiture : « si je réussis, aidez-moi et encouragez-moi, et si j’ai failli corrigez-moi. Le culte de la personnalité est révolu dans l’Algérie nouvelle ».
Au Togo, avec à sa tête le Président Faure Gnassingbé le culte de la personnalité est entretenu, valorisé et régulièrement mis en avant lors des grandes manifestations et des sorties officielles du Président. Aucun discours d’un officiel ne peut se terminer sans la formule fétiche « sur les instructions fermes du Chef de l’Etat, Président de la République, son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé ».
Pour la participation à une activité politique par exemple, les autorités locales doivent inviter les populations à se mobiliser pour accueillir le « leader éclairé ». Outre cela et ce qui devient plus fréquent est qu’aussi, les responsables des chefs de service de tous les secteurs et leurs collaborateurs sont invités à prendre part à ces événements qui n’ont que pour objectif de mieux vendre la personnalité de Faure Gnassingbé, d’applaudir et célébrer sa gouvernance caractérisée par la gabegie et la corruption à haute intensité.
Ce culte de personnalité étant exploité à des fins de propagande, il caractérise un grand nombre de dictatures. La glorification du chef de l’Etat élevé au rang de « leader éclairé », avec un « leadership visionnaire et hors pair » et une «vision éclairée » (qui résonne jusqu’à dans les institutions notamment l’Assemblée nationale) s’apparente à la vénération des saints et au culte du héros.
A attendre certains discours officiels, l’on n’a l’impression que le Chef de l’Etat est doté d’une mission « divine ». De ce fait, son sacrifice pour le bien commun est souvent rappelé. En effet, les dictateurs l’ont toujours compris et en ont joué. Construire habilement son culte de la personnalité permet de devenir incontournable. En conséquence, ils justifient souvent leur attachement au pouvoir et leur statut « semi-divin » par le fait qu’ils sont les seuls à pouvoir préserver l’indépendance de la nation et à assurer la stabilité, la sécurité et le développement économique.
« Les cultes de la personnalité créent une image idéalisée et héroïque d’un dirigeant qui est au-dessus et, dans certains cas, synonyme de la loi, de l’État et du pays. Ainsi, le destin de la nation est lié à celui du dirigeant qui est présenté comme son père, voire son grand-père. Le bien-être et la sécurité de la nation dépendent du respect de la sagesse, du patronage et de la vigilance du chef vénéré », analyste un observateur avant d’ajouter que « plus un dirigeant s’accroche au pouvoir, plus il est probable qu’un culte de la personnalité se développe ».
C’est ce qui s’observe au Togo. Le culte de la personnalité est devenu un support de propagande dans un contexte de privation de libertés et d’abus de tous genres. Et cela ne risque pas de changer avec la nouvelle constitution imposée au Togolais. Dotés d’immenses prérogatives, le poste du président du conseil dévolu à Faure Gnassingbé permettra sans nul doute d’asseoir un peu plus le culte de la personnalité instauré par le régime qui dirige le Togo depuis près de six décennies désormais
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire