Sport




Par Georges Apetsi - 07/01/2026
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16 ans après l’attaque des Eperviers du Togo à Cabinda : Un single d’Aba-Yovo Messan Djanta transforme la douleur en mémoire

Le 8 janvier 2026 marque exactement seize ans jour pour jour de l’attentat tragique perpétré contre le bus de la sélection nationale de football du Togo dans l’enclave de Cabinda, en Angola. Un événement douloureux qui a profondément marqué le sport togolais et toute une nation.
En marge de cette commémoration, Aba-Yovo Messan Djanta, nonagénaire passionné de sport en général et de football en particulier, a choisi d’exprimer sa douleur et sa mémoire à travers la musique. Profondément marqué par ce drame, il a composé une chanson en hommage aux victimes de l’attaque. Le single, intitulé « Le Drame de Cabinda », sort officiellement ce 8 janvier 2026.
Pour rappel, l’attentat s’est produit le 8 janvier 2010, alors que les Éperviers du Togo traversaient la province angolaise de Cabinda, en route pour participer à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2010, prévue deux jours plus tard. L’attaque a été revendiquée par une faction dissidente du Front pour la libération de l’enclave de Cabinda (FLEC), connue sous le nom de FLEC - Position militaire (FLEC-PM).
Le bilan humain fut lourd. Le chauffeur du bus, Mário Adjoua, le Sélectionneur  Adjoint de l’équipe, Améleté Abalo, ainsi que l’officier média, Stan O’cloo, ont perdu la vie. Neuf autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles Obilalé Dodo, aujourd’hui handicapé, et Serge Akakpo.
Pour Aba-Yovo Messan Djanta, ce drame reste une plaie ouverte. « Ce qui est arrivé aux Éperviers à Cabinda en janvier 2010 est un événement qui a affecté beaucoup de personnes, et moi en particulier. Nous qui sommes un peu âgés et qui connaissons le parcours de notre pays en matière de football dans la sous-région, avons trouvé cela très, très difficile à supporter », confie-t-il.
À travers sa chanson, l’auteur revient également sur le passé glorieux du football togolais. Il rappelle qu’entre les années 1950 et 1970, le Togo faisait partie des nations redoutées sur le continent, rivalisant avec des géants comme le Ghana, la Côte d’Ivoire ou encore le Mali. Après une période de régression, une embellie est survenue entre 1996 et 2006, avec quatre participations à la CAN et surtout une qualification historique à la Coupe du Monde 2006.
Mais selon lui, cette réussite a malheureusement été suivie de profondes divisions internes. « La participation au Mondial nous a causé plus de mal que de bien. C’était la guerre des clans. Cette division a conduit au drame de la Sierra Leone, où près de vingt Togolais ont péri dans un crash d’hélicoptère, suivi une semaine plus tard de l’incident de Cotonou. Ces événements ont conduit à l’élimination du Togo pour la CAN 2008 », déplore-t-il.
Une lueur d’espoir renaît toutefois lors des éliminatoires de la CAN 2010, sous la houlette du sélectionneur Hubert Velud, avant que le drame de Cabinda ne vienne tout anéantir.
« Personne ne s’attendait à un drame pareil. L’attaque menée contre le bus de nos joueurs nous a profondément traumatisés. Personnellement, je reste encore affecté jusqu’à aujourd’hui, car j’ai toujours aimé le football », souligne-t-il avec émotion.
Dans « Le Drame de Cabinda », Aba-Yovo Messan Djanta adresse aussi une prière. Il implore le Seigneur de protéger les joueurs togolais et de permettre au pays de retrouver sa splendeur d’antan, celle des Kaolo Denkey Wazo, Moutairou, Salou Tadjou, Bachirou, Kader, Adebayor, époque où le Togo tenait tête au Nigeria, au Bénin ou au Burkina Faso, et rivalisait avec le Mali et le Ghana de Salif Keïta, Ousmane Bangoura, Moussa Diakité et bien d’autres.
Aujourd’hui encore, le constat est amer. « Le Togo est devenu un sujet de moquerie et, depuis des années, n’arrive pas à se relever », regrette-t-il, tout en gardant espoir.
Convaincu que le renouveau est possible, il croit que les efforts actuels de redynamisation du football togolais pourraient, avec la grâce divine, permettre au pays de renouer avec ses heures de gloire.
Avec ce single en hommage aux victimes, Aba-Yovo Messan Djanta transforme la douleur en mémoire, et la mémoire en appel à l’unité et à la renaissance du football togolais.

Georges A.

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