Au lendemain des élections municipales controversées du 17 juillet 2025, le ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie Coutumière Colonel Hodabalo Awaté, a adressé une note à l’attention des maires en date du 23 juillet 2025 pour une gestion responsable durant la phase transitoire précédant l’installation des nouveaux conseils municipaux.
Dans sa note, l’ancien préfet de l’Oti, du Golfe et d’Agoè-Nyivé rappelle aux Exécutifs communaux que « les budgets communaux doivent être exécutés dans les strictes limites des prévisions budgétaires approuvées, en s’abstenant de tout engagement financier non essentiel, notamment pendant la période transitoire précédant l’installation des nouveaux conseils». Ils devront également éviter «d’engager la collectivité au-delà des ressources disponibles, ni dans les projets ne relevant pas de leur gestion des affaires courantes». Une liste des documents requis pour la passation des services sera transmise ultérieurement, indique la note, qui met l’accent sur le respect des principes de bonne gouvernance locale. « Le respect scrupuleux de ces consignes contribuera à garantir la régularité de la gestion des affaires locales, à préserver les équilibres budgétaires des collectivités territoriales et à faciliter une passation de charges sereine et transparente », conclut-il.
Quoi de plus normal pour un ministre d’encadrer une transition à la tête des communes dont il a la tutelle?
Malheureusement, il se trouve que lui-même gère les affaires courantes depuis le 2 mai 2025 sans que personne ne trouve à dire.
En clair, le ministre lui-même est disqualifié pour donner des injonctions à des Maires qui ont pris fonction en octobre 2019.Le mandat des Maires quand bien même les élections ont été déjà organisées pour leur succession est toujours en cours. La loi sur la décentralisation qui prévoit que les nouveaux élus prennent fonction dans un délai de deux mois, c’est la même loi qui fixe le mandant des Maires à six ans.
Pour corroborer cette situation qui ne souffre d’aucune ambiguïté, l’exemple de Faure Gnassingbé réélu le 22 février 2020 , il a attendu le 3 mai , fin de son mandat avant de prêter serment pour son nouveau mandat.
Par ailleurs, ce gouvernement sortant est mal placé pour parler de gestion des affaires courantes des élus. On a souvenance que dans ce pays, des députés en fin de mandat, ont changé la constitution, la loi fondamentale de tout un pays. Malgré toutes les réprobations, ce pouvoir a validé sa constitution faisant passer du Togo d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire à la togolaise. Quand un pouvoir sans gouvernement depuis près de trois mois se couvre de ridicule, ce sont des citoyens honnêtes qui souffrent dans leur âme.
Honoré ADONTUI
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