L’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) est à nouveau agité par un problème de bail à Afevimé à Lomé dont la procédure non transparente est vivement contestée par des fidèles.
Dans une déclaration en date du 6 mai 2026 portant «Information aux membres et sympathisants de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo sur les travaux de construction à Lomé Afevime», le Modérateur Dr Akotia Mawussi indique que «suite aux derniers évènements qui se sont produits le dimanche 3 mai 2026 à la Paroisse de Lomé Afegame et en réaction aux allégations et vidéos circulant sur les réseaux sociaux , le Bureau Exécutif du Conseil Synodal de l’EEPT se fait l’insigne honneur de donner les vraies informations aux membres et à ses sympathisants».
.jpeg)
Pour le Modérateur, ayant constaté l’état de ruines avancé et menaçant d’un bâtiment de l’ancienne École Primaire Évangélique «Alsace Lorraine» sise au lieu-dit Afevime, fermée depuis la rentrée 2009-2010, faute d’effectif dû à l’envahissement du quartier par le grand marché, le Bureau Exécutif du Conseil Synodal de l’Église a trouvé nécessaire de démolir d’urgence cet ancien bâtiment pour éviter tous dégâts. L’initiative d’un projet de construction de magasins sur ledit espace a été prise.
Dans ce sens, «un appel d’offres a été prise lancé le 12 décembre 2025.Des quatre entreprises qui ont soumissionné à cet appel d’offres, la mieux- disante a été sélectionnée par une équipe technique après évaluation. Le 1er avril 2026, un contrat a été signé avec le soumissionnaire retenu».
Plus loin, le Modérateur Akotia précise que «ledit contrat signé n’a jamais été un contrat de bail comme le publient certaines personnes sur les réseaux sociaux. Il s’agit simplement d’un contrat de construction à mettre en location après les travaux», le terrain étant une propriété de l’Église et disposant d’un titre foncier.
Pour finir, le Bureau Exécutif prie les membres de l’EEPT de toujours aller à la source des informations pour en avoir les vraies avant toutes publications afin d’éviter les mensonges et toutes paroles diffamatoires qui ternissent l’image de l’Église.
Une sortie contestée
La réaction du Bureau Exécutif au lieu de mettre fin aux polémiques a plutôt mis le feu aux poudres.
Deux jours plus tard, le Groupe de Réflexion pour une Gestion Saine et Evangélique des Ressources de l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (GRGSER-EEPT) tout en se félicitant de la réaction du BE qui témoigne d’un ardent désir de transparence et de respect des procédures en vigueur en matière de passation de marché, constate toutefois que le communiqué soulève de sérieuses interrogations sur la transparence, la méthode de gouvernance, le respect des instances de décision de l’Église et le processus de passation de marché. En conséquence, il invite le BE à bien vouloir éclairer certaines zones d’ombres afin de « donner les bonnes et vraies informations » aux fidèles.
.jpeg)
.jpeg)
In concreto, le GRGSER-EEPT indique que le communiqué du BE évoque un appel d’offres lancé le 12 décembre 2025, mais ne précise la nature exacte de cet appel d’offres. S’agit-il d’un appel d’offre ouvert (AOO) ou d’un appel d’offre restreint (AOR).
Par ailleurs, il est souhaitable que le contenu de l’appel soit rendu public afin de permettre d’en vérifier la régularité du contenu par rapport aux normes en vigueur.
La déclaration du 8 mai 2026 signé par son Président Théophile Adjamgba soulève aussi des interrogations en ce qui concerne la diffusion de l’appel d’offre. Il n’en précise nulle part les voies de publication utilisées : Radio EPHPHATA, courrier administratif adressé aux inspecteurs pour large diffusion dans les paroisses, publication dans la presse).
Le GRGSER-EEPT estime en conséquence que les fidèles sont en droit de savoir comment le processus de cette consultation qui est éminemment technique a été conduit et de quelle façon il a été porté à la connaissance des fidèles.
Plus loin, le communiqué affirme que quatre entreprises ont soumissionné et qu’une équipe technique a sélectionné la mieux-disante après évaluation, sans toutefois communiquer les noms des entreprises soumissionnaires, la composition de l’équipe chargée de la passation du marché, les dates le lieu du dépouillement, et les résultats du dépouillement des offres. Le GRGSER EEPT estime « qu’une opération de cette nature, impliquant un patrimoine de l’Église toute entière, devrait être conduite avec une transparence totale et sous le contrôle des organes habilités de l’Église. »
Par ailleurs, le GRGSER- EEPT s’étonne de voir un dossier de cette importance engagé à quelques jours d’un synode électif décisif. Il dénonce la complicité du Conseil synodal et engage la responsabilité de ses membres pour avoir autorisé le BE à entreprendre une telle action, à moins que l’organe n’ait pas pris de décision en ce sens.
Enfin, le GRGSER EEPT condamne l’attitude du BE et exige que toutes les clarifications nécessaires soient apportées aux interrogations des fidèles dans un bref délai concernant les conditions de l’appel d’offres, la passation du marché, l’évaluation des soumissions et les modalités de signature du contrat.
Il appelle l’ensemble des fidèles à la vigilance, à la responsabilité et à l’exigence de vérité dans la gestion des ressources de l’EEPT. Le GRGSER EEPT réaffirme son engagement pour un renouveau de l’Église fondé sur la transparence, la redevabilité, l’éthique et une gestion saine des biens communs.
Un nouveau bras de fer lancé
Comme dans les précédentes crises dont celle liée à la vente du terrain à Hanoukope, le GRGSER EEPT est à nouveau vent débout contre tout bradage du patrimoine l’Eglise.
N’ayant pas reçu de réponse à ses multiples interrogations liées à la sortie du Bureau Exécutif dirigé par le Modérateur Dr. Akotia, une sommation interpellative a été envoyée au sieur Gameda Mawuli -qui effectue des travaux sur le terrain-par voie d’huissier et une autre au sieur Tchabou Mathurin qui aurait gagné l’appel d’offres. Des sources proches du dossier ajoutent que ce dernier n’a pu être joint jusque-là. La démarche vise à avoir des clarifications sur la nature du contrat qui les lie à l’Eglise et à cesser tous travaux jusqu’à nouvel ordre.
Pendant que le Modérateur réfute toute idée de bail, d’autres continuent de croire le contraire.
Pour celui dont le mandat finit le 27 juin 2026 , soit environ un mois, ils ne comprennent pas son empressement à lancer des initiatives de cette envergure. Au regard de la série de scandales ayant jalonné son mandat, des gens sont décidés à éviter tout bradage du dernier terrain de l’Eglise à Lomé.
Par ailleurs, un autre dossier relatif au refus du départ de l’ancien Presbytre de l’Exécutif Emmanuel Neglo toujours en fonction malgré l’élection de son successeur Hodo Komi Blewussi depuis le 10 janvier 2026 suivie de la passation des charges.Une situation qui polarise les débats au sein de cette communauté religieuse. Il est évoqué l’indisponibilité de l’élu, engeignant de son état mais l’article 52 de la constitution de l’église est sans équivoque : « en cas d’empêchement ou d’absence du Presbytre de l’Exécutif, son intérim est assuré par le Président des presbytres de la région ecclésiastique où se trouve le siège de l’Eglise.» En clair, il n’est mentionné nulle part que l’ancien ayant déjà passé la main peut continuer d’assurer un quelconque intérim en violation de la constitution de l’Eglise.
Bon à suivre
Kokou AGBEMEBIO
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire