Le nom du successeur de feu Mgr Nicodème Anani Barrigah-Bénissan a été dévoilé à l’issue de la rencontre diocésaine tenue à la Cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus de Lomé le vendredi 10 avril 2026. Il s’agit de Monseigneur Isaac Jogues Kodjo Agbéménya Gaglo, administrateur apostolique de Lomé depuis 2024. La rencontre a été présidée par Mgr Rubén Darío Ruiz Mainardi, nonce apostolique près le Bénin et le Togo. Dans une interview accordée à la fin de la rencontre, le désormais 6ème archevêque métropolitain de Lomé s’est exprimé sur sa nomination, ses priorités pour l’archidiocèse de Lomé, ainsi que sur les prêtres et la situation du diocèse d’Aného.
Désormais archevêque métropolitain de Lomé, que représente cette nomination pour vous Monseigneur?
Merci pour la question. C’est un appel auquel je réponds avec foi et responsabilité. Je ressens des sentiments mélangés. D’une part la joie de servir l’Église universelle où le Saint-Père m’envoie et d’autre part, un peu de douleur pour le diocèse d’Aného, auquel je suis très attaché.
Pendant 18 ans, nous avons vécu ensemble, nous avons eu la même mission et nous avons cherché des solutions ensemble. Au-delà de tout cela, je me laisse au Seigneur, je me confie à Lui.
Et si on m’envoie ici, dans l’archidiocèse, cela veut dire qu’il y a une mission à accomplir. Je me confie donc au Seigneur pour cette nouvelle mission qu’Il me confie.
Monseigneur, quelles sont vos priorités dans l’archidiocèse de Lomé ? Vous avez eu la chance d’être administrateur pendant près d’un an et demi. Maintenant, quelles sont vos priorités?
Je ne viens pas dans l’archidiocèse avec un programme pré-établi. Je suis venu avec une disposition d’écoute, je suis venu rencontrer un peuple, écouter et chercher à mieux comprendre les réalités pastorales de l’archidiocèse.
Après cela, nous avons les priorités qui sont les mêmes que les priorités de Jésus lui-même, à savoir, annoncer la parole de Dieu, renforcer la communion et encourager les gens à participer au développement de la vie sociale ici dans l’archidiocèse. C’est ensemble que nous allons construire cette église.
Il y a eu une réticence à votre niveau, parce qu’étant administrateur, si c’est le cas, pourquoi le Saint-Siège ne vous a pas confirmé immédiatement? On a encore perdu du temps.
L’église a sa manière de fonctionner. Je ne sais pas pourquoi les choses se sont déroulées ainsi, mais en tout cas, je sais qu’aujourd’hui, le Saint-Père m’appelle ici. Commençons à travailler, le reste, je ne sais pas ce que c’est. D’ailleurs, j’ai vécu la même chose à Aného, quand j’ai été nommé administrateur diocésain par les prêtres. Donc, ça a duré autant. Je suis un peu habitué.
Rome a sa façon de fonctionner.
Tout à l’heure, à la cérémonie de votre annonce, on a senti une grande émotion en quittant Aného, c’est comme si vous perdez un trésor.
Oui, bien sûr, je perds un trésor. Oui, il y a 18 ans que je suis à la tête du diocèse d’Aného. C’est un peuple que je connais bien. Nous avons eu à mener une vie ensemble, travaillé ensemble. C’est un peu comme si on me détachait de ce diocèse. Que voulez-vous ? Je suis resté là-bas. C’est mon diocèse d’origine.
Bien que je sois aussi du grand archidiocèse, où j’ai même fonctionné ici. J’ai été curé de paroisse. J’ai enseigné au petit séminaire.
Mais pendant tout ce temps, avec un peuple de Dieu collé à ma personne, les visites que nous avons eues, l’occasion de vivre ensemble, ça fait mal. Donc, c’est la raison de mon émotion.
A Lomé, vous connaissez certains prêtres, d’autres non, parce que c’est un grand diocèse. Comment vous allez arriver à cerner d’abord et les prêtres, et les fidèles, et surtout votre fonction d’enseignant ?
Je suis venu à Lomé pour rencontrer, écouter, partager avec les autres. Et c’est à partir de là. Je ne peux pas établir un programme avant. Je n’ai pas peur non plus. Nous sommes des hommes. Et l’Église, en tant que telle, est une famille. Il y a un peu de tout. C’est ensemble que nous allons discerner le charisme et travailler les uns avec les autres pour que l’archidiocèse prenne vie.
Alors, vous avez déjà eu une date de votre nomination en termes d’intronisation ?
L’archidiocèse vous communiquera ultérieurement la date de la prise de possession canonique.
Biographie de Mgr Isaac Jogues GAGLO, 6è Archevêque de Lomé
Il est venu au monde le 7 octobre 1958 à Kpémé. Après l’école primaire à Agbodrafo, il est entré au Séminaire St. Pie X de Lomé et, plus tard, au grand Séminaire St. Gall de Ouidah, au Benin où ses études furent couronnées par son baccalauréat en théologie.
Il a été ordonné prêtre le 9 août 1985 par le Saint Pape Jean Paul II, en ce moment là, pour le compte de l’archidiocèse de Lomé.
Après son ordination, il a été Vicaire à la paroisse des Saints Martyrs de l’Ouganda de Tokoin à Lomé, professeur au petit Séminaire Saint Pie X de Lomé, Curé à la paroisse Saint Raphaël d’Adéta (Kpalimé).
A partir 1992, il effectuera des études supérieures pour obtenir en 1997, un doctorat en Théologie Morale à Innsbruck, en Autriche.
Revenu au pays, il rejoint le diocèse d’Aného, créé en 1994. Il fut nommé curé de la paroisse Sacré-Cœur de Jésus d’Adjido qui abritait aussi un collège.
Secrétaire Particulier de S.E. Mgr. Paul Jean-Marie Dom DOSSAVI à partir de 1998, il avait en charge, la pastorale de la famille chrétienne dans le diocèse. Il était aussi aumônier diocésain du mouvement des Coeurs Vaillants-Ames Vaillantes.
Choisi Administrateur diocésain au décès de Mgr. DOSSAVI en septembre 2005, il sera nommé évêque, le 03 décembre 2007 par le pape Benoît XVI pour être ordonné le 02 février 2008. Le 11 août 2024, il a plu au Saint Père le Pape François de le nommer à la tête de l’archidiocèse de Lomé comme Administrateur Apostolique _Sede vacante et ad nutum Sanctae Sedis._
Au sein de la Conférence des Évêques du Togo, il est chargé du Conseil Épiscopal du laïcat, Famille et Vie.
LC
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