A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai 2026, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) a rendu public son Rapport annuel sur l’état de la presse au Togo. Ce document dresse un état des lieux du paysage médiatique national, met en lumière les avancées enregistrées et souligne les défis qui persistent dans le secteur.
Cette journée du 3 mai demeure un moment de réflexion sur les obligations et devoirs des professionnels des médias, mais également une occasion de rappeler aux gouvernements leur engagement en faveur de la liberté de la presse et de l’indépendance des médias. Elle permet aussi de rendre hommage aux journalistes victimes de violences ou décédés dans l’exercice de leur métier.
Dans son rapport, l’OTM relève une progression notable du Togo dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF). Le pays gagne 25 places, passant de la 121ème position en 2025 à la 97ème place en 2026, dans un contexte mondial marqué par un recul historique de la liberté de la presse.
L’Observatoire évoque également les réformes institutionnelles engagées dans le secteur, notamment l’entrée en vigueur du nouveau Code de la presse et de la communication. Avec l’avènement de la 5ème République, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a vu ses compétences élargies et devient désormais la Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC). Cette nouvelle institution est appelée à veiller également au fonctionnement des plateformes numériques et des réseaux sociaux, notamment en matière de signalement et de modération des contenus.
Le rapport met en avant le dynamisme du paysage médiatique togolais qui compte aujourd’hui une centaine de radios, une dizaine de chaînes de télévision, plus de 100 sites d’information agréés, 9 web TV et 8 web radios. En 2025, douze nouveaux récépissés de publications écrites et trois de presse en ligne ont été délivrés.
Malgré ces avancées, plusieurs difficultés persistent. L’OTM pointe notamment la fragilité économique des entreprises de presse, les sanctions et suspensions prononcées par la HAAC, ainsi que l’exclusion des réseaux sociaux du champ d’application du Code de la presse et de la communication, une situation jugée préoccupante pour la liberté d’expression des journalistes.
Pour l’année 2026, l’OTM identifie trois priorités majeures : assurer la viabilité économique des médias d’information, garantir la transparence des sociétés de presse et renforcer l’éducation aux médias et à l’information afin de lutter contre la désinformation.
Le rapport formule également plusieurs recommandations à l’endroit des différents acteurs du secteur.
Aux professionnels des médias, l’OTM recommande le respect des règles d’éthique et de déontologie, un usage responsable des réseaux sociaux, la promotion de la confraternité ainsi qu’une plus grande sincérité dans les relations professionnelles.
Les organisations professionnelles sont, quant à elles, invitées à accélérer les démarches pour l’application de la Convention collective, à promouvoir la professionnalisation des entreprises de presse, à encourager la formation continue des journalistes et à soutenir le regroupement des médias en groupes de presse. L’OTM encourage également une fusion des organisations professionnelles afin de renforcer la défense des intérêts de la corporation.
A l’endroit des instances de régulation et d’autorégulation, le rapport recommande notamment l’allongement de la durée de validité de la carte de presse à cinq ans, l’allègement des procédures de renouvellement, ainsi qu’une meilleure concertation avec les organisations professionnelles dans les grandes décisions.
Le gouvernement est aussi interpellé sur plusieurs chantiers, parmi lesquels la protection des journalistes dans l’exercice de leur profession, l’accélération de la mise en œuvre du Fonds de soutien et de développement de la presse, l’octroi de facilités fiscales aux entreprises de presse, la transformation des médias publics en offices et la migration de l’analogique vers le numérique.
L’OTM invite par ailleurs les médias togolais à sortir de « l’amateurisme » pour évoluer vers de véritables industries de presse capables de s’imposer sur les scènes nationale et internationale.
« En dépit des pesanteurs de tous ordres qui tirent la presse togolaise vers le bas, l’OTM constate qu’elle fait preuve de dynamisme et qu’il suffit d’une bonne dose d’honnêteté et de patriotisme pour donner aux médias togolais leurs lettres de noblesse », souligne le rapport.
Le Tribunal des pairs réaffirme enfin sa disponibilité à recevoir suggestions et propositions afin de renforcer ses actions pour l’avènement d’une presse libre, indépendante, professionnelle et responsable au Togo.
LC
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