Politique




Par Honoré Dontui - 18/02/2025
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Mort en cascade de prisonniers politiques en détention, arrestations arbitraires, exil forcé au Togo : Ketoh Kokou Apelete et Agbemedji Folly, deux vies en danger

Encore un opposant mort en détention Wawim Karrou
Condamné le 3 février 2025 à 10 ans de réclusion criminelle, Wawim Karrou, militant du Parti national panafricain (PNP), est décédé dimanche 9 février 2025  d’après une alerte de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO). Le décès de Wawim Karrou n’est pas un cas isolé. En août 2024, déjà, le Front « Touche Pas À Ma Constitution » recensait 9 morts parmi les 92 prisonniers politiques incarcérés entre 2020 et 2023. Le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) avait déjà alerté sur la santé préoccupante du militant du PNP, appelant à une prise en charge médicale urgente.

Absent lors de son procès en raison de son état de santé, son décès vient s’ajouter à une série de drames en détention qui ravivent les inquiétudes sur les conditions carcérales au Togo. 
Électronicien de profession, il avait été arrêté le 21 décembre 2018, en pleine crise socio-politique déclenchée en août 2017 par Tikpi Atchadam, leader du PNP. Comme d’autres militants de l’opposition, il avait été poursuivi pour complot contre la sécurité intérieure de l’État, troubles aggravés à l’ordre public et groupement de malfaiteurs.
Souffrant, il n’avait pas pu se présenter à son procès. Pourtant, la cour d’assises l’avait jugé et condamné en son absence. Sa famille et ses proches, qui dénoncent les conditions de détention inhumaines depuis son incarcération, pointent du doigt la négligence des autorités.

Ketoh Kokou Apelete et Agbemedji Folly, deux vies en danger

Au Togo, il ne fait plus bon vivre. Le Rapport du Département d’État américain sur la situation des droits de l’homme au Togo d’avril 2024 évoque des arrestations et détentions arbitraires, Système judiciaire contrôlé et corrompu…

 Cascade   de prisonniers politiques morts en détention, arrestations et détentions arbitraires, exil forcé au Togo constituent le quotidien.  En dehors de la centaine de prisonniers d’opinion qui croupissent sous les geôles togolaises, le 12 janvier 2025, M. Sokpor Sitsopé Honoré, alias Affectio ou Koffi Agbenoxevi Godwin (sur Facebook), a été arrêté dans des circonstances controversées qui suscitent une vague d’indignation. Cet entrepreneur et père de famille, connu pour ses publications engagées sur Facebook, a été accusé par les autorités de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État.

Selon les témoins, Sitsopé Sokpor a été victime d’un guet-apens tendu par des policiers en civil au carrefour « La Pampa » d’Adidogomé. Ces derniers l’auraient violemment molesté avant de l’embarquer de force, dans une scène digne d’un enlèvement.

Les accusations portées contre Sitsopé Sokpor semblent liées à ses publications sur Facebook, notamment un poème intitulé « Fais ta part », faisant référence au feu Monseigneur Nicodème Barrigah, qui demandait à chacun de « faire sa part ». Dans ce texte, il exprime un cri contre l’arbitraire et l’oppression, appelant ses concitoyens à agir pour fissurer «les murs de ce pouvoir austère» et briser les chaînes de l’injustice. Ce poème, empreint de revendications pacifiques, aurait été perçu comme une menace par le régime en place.

Et l’histoire de l’entrepreneur Sokpor ressemble fortement à celle de M. Ketoh Kokou Apelete. Évangéliste de son état et plus connu sous le nom d’artiste gospel Justin Ket, il fait l’objet de graves menaces sur sa vie depuis bientôt une année. Au cours d’un réveil spirituel entre le 29 et le 31 mars 2024 dans une Paroisse dans la Préfecture de Zio, il a abondamment parlé des injustices sous toutes ses formes au Togo. Pour lui il est inadmissible d’une même famille dirige le pays depuis bientôt 60 ans. Il y a donc nécessité pour une alternance au Togo pour que cesse l’arbitraire dans la gouvernance. Depuis lors, il reçoit des appels anonymes menaçants et des filatures sans cesse. Pour se sauver, il a dû se mettre à l’abri.

Selon ses proches, il serait hors du pays mais il craint pour sa vie s’il revenait au bercail. Des proches rapportent aussi que ces ennuis s’ajoutent à d’autres démêlés lorsque les ministres de son église ne voulaient pas qu’il devienne l’un des pasteurs de l’église.

La situation inquiétante du Pasteur Ketoh Kokou Apelete est aussi similaire à celle de M. Agbemedji Folly

Acteur politique togolais activement engagé dans le processus électoral lors de l’élection présidentielle de 2020, il était président du bureau de vote du centre de vote Saint Augustin d’Amoutivé pour la coalition DMK-MPDD, qui soutenait Agbéyomé Kodjo. Son implication dans l’organisation et la supervision des élections en tant que représentant de l’opposition surtout sa détermination à défendre la vérité des urnes  ont fait de lui une cible  des autorités togolaises. Après plusieurs arrestations des proches de Kodjo Agbeyome et son départ en exile jusqu’a mort s’ensuive le 3 mai 2024, M.Folly aussi recherché, a dû s’enfuir. 

Et depuis précisément le 26 novembre 2022, M. Folly n’a plus donné de signe de vie. Son domicile et ceux d’autres membres de l’opposition auraient été placés sous surveillance et parfois perquisitionnés. 

Pourquoi M. Agbemedji Folly craint-il de retourner au Togo ?


 
L’intimidation et la répression dont sont victimes de nombreux opposants, avec des cas d’arrestations arbitraires, de tortures et d’exécutions extrajudiciaires signalés par des ONG, l’absence de garanties judiciaires : les procès politiques au Togo sont souvent biaisés, et les accusés liés à l’opposition reçoivent rarement un traitement équitable. Tout comme d’autres , il est un exilé politique, forcé de fuir son pays par crainte de représailles. Son cas aussi illustre la situation critique des opposants togolais, qui risquent leur liberté et leur vie pour avoir participé aux élections ou exprimé des opinions contraires au pouvoir en place.

La Rédaction
 

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