L’homosexualité est une pratique considérée comme contraire à nos mœurs et traditions ancestrales en Afrique. Mais depuis ces dernières décennies, la société africaine fait face à cette pratique sexuelle qui se heurte à la morale préétablie dans notre société. Dans le discours international sur les droits humains, le sigle LGBTQI (Lesbiennes, Gays, Bisexuel-les, Trans, Queer et Intersexes) désigne les minorités sexuelles. Il permet également de désigner les institutions, organisations et individus qui militent pour la défense de leurs droits.
La question que le commun des mortels se pose au Togo est de savoir si l’homosexualité est interdite et punie par la loi togolaise.
La réponse à cette question renvoie au Code pénal togolais de 2015 qui condamne à une peine d’emprisonnement d’un à trois ans et/ou à une amende pouvant aller jusqu’à trois millions de francs CFA tout acte impudique ou contre nature commis avec un individu de son sexe. Il criminalise également l’incitation à l’outrage aux bonnes mœurs ce qui, d’après les sources, pourrait être utilisé contre les organisations des droits de l’homme qui défendent les droits des personnes LGBT. Il faut aussi ajouter qu’il n’existe aucune loi qui protège ou défend les droits des homosexuels au Togo, d’après l’association Afrique Arc-en-ciel Togo. Diverses enquêtes précisent que les personnes homosexuelles peuvent subir des abus et des violations sous toutes leurs formes. De manière générale, la stigmatisation sociale au Togo empêche les victimes de discrimination basée sur l’orientation sexuelle de dénoncer ces abus.
L’homosexualité est considérée par la société togolaise comme un comportement non conforme à l’ordre social, ce qui contraint souvent les homosexuels à passer sous silence leur orientation sexuelle pour ne pas être rejetés. Les personnes LGBT sont victimes de violences homophobes, notamment de la part de leur entourage, mais également de discriminations sociales.
Dans les médias, par ailleurs, l’homosexualité est souvent présentée de manière négative. Ceux-ci, y compris les réseaux sociaux en ligne, ont amplifié à titre d’exemple, un incident survenu le 3 avril 2022, au cours duquel une foule de jeunes en colère a attaqué et chassé plusieurs clients d’un restaurant de la plage de Lomé en raison d’un comportement efféminé. Cet événement a donné lieu à des déclarations anti-LGBT et des menaces à leur endroit.
Dans un tel contexte, les sources s’accordent à dire que les homosexuels ne peuvent s’exprimer publiquement dans les médias et qu’aucune manifestation publique n’est organisée pour la défense de leurs droits. Les lieux de rencontre ne sont ni publics ni affichés. Au Togo, les rencontres ont lieu dans la clandestinité. Les réseaux sociaux constituent un nouvel espace de rencontre, mais ils ne sont pas non plus à l’abri de violences. Quant aux associations de défense des droits des homosexuels présentes sur le terrain, elles peuvent travailler sous le couvert de la lutte contre le VIH/Sida. Aucune association identitaire n’est officiellement enregistrée en tant que telle.
Aussi, bien les acteurs politiques togolais que les leaders religieux condamnent-ils la pratique de l’homosexualité.
Joachin S.
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