L’Association des Kinésithérapeutes du Togo (AKITO) a officiellement lancé, vendredi 31 juillet 2026 à Lomé, les activités marquant les 50 ans de la kinésithérapie au Togo. Placée sous le signe de la reconnaissance envers les pionniers et de la projection vers l’avenir, cette célébration est couplée avec le lancement du 5ème Congrès international de la kinésithérapie autour du thème : « La place de la kinésithérapie dans le contexte de la santé publique au Togo ».

Créée en 1976, l’AKITO célèbre un demi-siècle d’engagement au service de la rééducation fonctionnelle et du bien-être des populations. La cérémonie d’ouverture, présidée par le Secrétaire Général du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture maladie universelle et de l’Accès universel aux soins, s’est déroulée dans la Grande Salle de Conférence de l’École nationale des auxiliaires médicaux (ENAM) à Lomé, en présence de nombreux professionnels de santé, des pionniers de la discipline et de partenaires.
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Le jubilé d’or est placé sous le thème : « 50 ans de passion, de rigueur et d’engagement professionnel. 50 ans au service de la fonction motrice : héritage et perspectives ». À travers cette célébration, l’AKITO entend mettre en lumière les progrès réalisés par la profession depuis son introduction au Togo tout en ouvrant la réflexion sur les défis futurs.
« Kinésithérapeutes, nous sommes des acteurs incontournables de la rééducation, de la réadaptation et du bien-être physique de la communauté », a souligné le Président du Comité d’Organisation du jubilé, Akpabli Komlavi. Selon lui, cette année de célébration poursuit plusieurs objectifs : valoriser l’expertise des kinésithérapeutes auprès des pouvoirs publics et du grand public, renforcer la solidarité entre les professionnels, mener un plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en compte de la réadaptation dans les politiques sanitaires, promouvoir la formation continue et encourager l’innovation.
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Pour le Président de l’AKITO, Prosper Akossou, la profession occupe aujourd’hui une place essentielle dans le système de santé. « La kinésithérapie n’est pas un soin de confort. Elle prévient le handicap, accompagne les personnes âgées, remet debout l’accidenté, soulage la douleur chronique, rééduque l’enfant et le nourrisson. Face au vieillissement de la population, à la montée des maladies non transmissibles et aux immenses besoins de réadaptation, notre profession n’est pas un supplément, elle est une réponse de santé publique. Investir dans la kinésithérapie, c’est investir dans l’autonomie et la dignité des Togolais », a-t-il déclaré.
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Le Président de l’AKITO a également dressé le bilan de cinq décennies d’existence de la profession. Depuis les premières formations lancées en 1976, le Togo a formé 618 kinésithérapeutes, dont 55 étrangers. Parmi les praticiens togolais figurent 474 hommes et 89 femmes, aujourd’hui présents dans toutes les régions du pays, de Lomé à Cinkassé. La profession s’est progressivement structurée avec une base de données nationale, des formations continues régulières et des commissions techniques chargées d’encadrer son exercice.
Le jubilé d’or a également été marqué par un vibrant hommage aux pionniers de la kinésithérapie togolaise. Les deux premières figures de la profession, Komlanvi Agbessi Eugène Hovi, formé en Allemagne, et Mme Akouwa Pinda épouse Epidjawo, issue de la première promotion formée au Togo entre 1976 et 1979, ont été distinguées pour leur contribution exceptionnelle. « À travers eux, c’est toute une génération que nous célébrons», a indiqué Prosper Akossou.
Le Secrétaire Général du ministère de la Santé a salué le rôle déterminant joué par les kinésithérapeutes dans le système sanitaire national. « Chaque geste retrouvé, chaque douleur soulagée, chaque fonction restaurée et chaque patient réinséré dans la vie familiale, sociale ou professionnelle témoignent de la contribution irremplaçable de la kinésithérapie à la santé et au bien-être des populations », a-t-il affirmé. Il a rappelé que les cinquante années d’existence de la profession constituent « un héritage, une mémoire et une responsabilité », tout en appelant à poursuivre les efforts face aux défis liés au vieillissement de la population, aux maladies chroniques, aux accidents et aux besoins croissants en soins de réadaptation.

Le représentant du ministre a insisté sur la nécessité d’une réponse « précoce, structurée, multidisciplinaire et accessible à tous », reposant sur des professionnels qualifiés, des infrastructures adaptées et une meilleure intégration de la réadaptation dans le continuum des soins.
Les festivités du cinquantenaire s’étaleront jusqu’en novembre 2026 à travers un programme riche d’activités. Une caravane de sensibilisation est prévue le 29 août à Kovié et à Dapaong. Les 3 et 4 septembre, des journées portes ouvertes sur la réadaptation et la kinésithérapie seront organisées dans plusieurs structures publiques et privées, accompagnées de dons de matériel et d’une campagne de don de sang à Niamtougou, Kantè et Guérin-Kouka. Le 24 octobre, une journée sportive dédiée au handisport réunira personnes en situation de handicap et professionnels de santé sur le terrain Africa Sport de Kégué. Les 26 et 27 novembre, des journées scientifiques réuniront des experts nationaux et internationaux à Lomé, avant un dîner de gala prévu le 28 novembre pour clôturer les célébrations et honorer les acteurs ayant contribué au développement de la profession.
Dans le cadre du 5ème Congrès international de la kinésithérapie, un appel à communications scientifiques a été lancé autour du thème central consacré à la place de la kinésithérapie dans le contexte de la santé publique au Togo. Les kinésithérapeutes, médecins et autres professionnels de la réadaptation sont invités à soumettre leurs travaux de recherche avant le 30 octobre 2026.
Le président de l’AKITO Prosper Akossou a lancé un appel aux pouvoirs publics et aux partenaires pour renforcer davantage la place de la kinésithérapie dans le système national de santé. « Il y a cinquante ans, quelques pionniers ont fait le pari de mettre la kinésithérapie au service du mouvement et de la vie. Ce pari, nous l’avons gagné. À nous aujourd’hui de préparer les cinquante prochaines années », a-t-il conclu.
Georges A.
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