Le mardi 2 décembre, a été tenu le premier panel de la 20e édition de la Foire Internationale de Lomé (FIL), autour du thème « Partenariats public-privé : quel cadre durable pour l’avenir de la FIL ? »,
Cette rencontre d’échanges et de partage a réuni décideurs publics, acteurs économiques et partenaires privés à la salle Africa du Centre togolais des expositions et foires (CETEF) de Lomé Togo 2000. L’objectif : poser les bases d’un modèle de collaboration plus solide pour assurer la pérennité, la modernisation et le rayonnement régional de la FIL.
Après quarante ans d’existence, la FIL évolue dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel et numérisé. Pour Judith Radji Djeri, directrice marketing et communication du CETEF, il devient impératif d’adapter la gouvernance de la foire aux nouvelles exigences.
La responsable plaide pour un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, articulé autour d’un cadre contractuel clair, équilibré et durable.
« Les exigences de compétitivité imposent un nouveau modèle de collaboration, plus dynamique, plus innovant et surtout plus durable », a-t-elle résumé.
Selon elle, si le secteur public apporte la vision globale, l’orientation stratégique et le cadre institutionnel, le secteur privé garantit l’innovation, la réactivité et parfois les financements nécessaires. Le défi est donc de structurer cette complémentarité dans un cadre sécurisé favorisant la confiance mutuelle et l’amélioration de l’expérience tant des visiteurs que des exposants.
Le secteur privé appelle à plus de formalisation
Le message du patronat allait dans le même sens, mais avec davantage de fermeté. Aboki Vignon, représentant du Conseil national du patronat (CNP) et président du Groupement togolais des TPME (GTPME), a insisté sur la nécessité de mettre fin aux arrangements informels.
« Il faut aujourd’hui formaliser ce qui se faisait de manière empirique », a-t-il affirmé, appelant à une clarification des responsabilités et des obligations de chaque partie. Pour lui, la modernisation de la FIL doit reposer sur une gouvernance lisible, sécurisée et capable de rassurer des investisseurs de plus en plus exigeants.
L’importance du secteur privé dans l’économie togolaise renforce encore cette exigence : celui-ci a contribué à 76,8 % du PIB national en 2024, selon les données présentées lors de la première réunion 2025 du Comité technique de concertation État-secteur privé.
Un PPP fondé sur des règles claires et des infrastructures modernes
Du côté de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), Kwassi Falschau Agbodoh a rappelé que l’essence d’un partenariat public-privé réside dans la délégation de certaines responsabilités au privé pour une mise en œuvre plus efficace.
Il estime que la réussite du futur modèle passe par trois éléments majeurs : un cadre réglementaire formalisé ; un cahier des charges précis et la construction d’un centre international conforme aux standards internationaux.
Ces transformations seraient essentielles pour permettre à la FIL de rester compétitive face aux grandes foires africaines qui se professionnalisent et attirent de plus en plus d’investissements.
Une réflexion stratégique qui s’inscrit dans un cycle de panels
Ce premier panel marque le début d’un cycle de discussions destiné à accompagner la FIL dans sa mutation. Deux autres panels viendront approfondir la réflexion :
4 décembre : « Innovation, digitalisation et foires commerciales : comment moderniser l’expérience des exposants et des visiteurs ? »
9 décembre : « Quatre décennies de foires au Togo : Bilan, héritage et leçons pour l’avenir »
Ouverte le 28 novembre, la 20I” Foire internationale de Lomé se poursuit jusqu’au 14 décembre 2025, avec pour ambition de construire une foire plus connectée, plus inclusive et plus tournée vers l’intégration régionale.
LC
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