Politique




Par Honoré Dontui - 06/07/2026
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Dr Georges William Kouessan tourne le dos au CPC

     Le président du parti Santé du Peuple, Dr Georges William Kouessan, ne croit plus au Cadre permanent de concertation (CPC). Alors que la deuxième session ordinaire de l’année 2026 s’est achevée le 3 juillet 2026, sa formation politique a une nouvelle fois brillé par son absence. L’opposant justifie ce boycott par des dysfonctionnements qu’il juge persistants, aggravés par l’instauration de la Ve République.
    Pendant plusieurs années,  Dr Georges William Kouessan s’est distingué par une ligne politique privilégiant le dialogue. Promoteur de la « cogestion » ou de la « cohabitation concertée », il plaidait pour une participation de l’opposition à la gouvernance du pays, sans attendre une alternance politique. Une approche pragmatique qui visait à favoriser un partage du pouvoir exécutif au service de l’intérêt national.
    Mais depuis l’entrée en vigueur de la Ve République, cette vision semble avoir laissé place à un profond désenchantement. Le Président de Santé du Peuple affirme avoir définitivement tourné la page du Cadre permanent de concertation.
    Ouverte le 30 juin, la deuxième session ordinaire du CPC de l’année 2026 s’est achevée le vendredi 3 juillet après quatre jours de travaux. Une fois encore, le parti Santé du Peuple n’y a pas pris part.
    Dans une déclaration, Georges William Kouessan explique les raisons de cette décision, qu’il estime mûrement réfléchie.
    Le premier grief concerne les modalités de convocation des partis politiques aux réunions du CPC.
    Selon lui, les invitations sont parfois adressées par simple appel téléphonique, seulement 24 à 48 heures avant les rencontres. Une pratique qu’il considère comme un manque de considération envers les responsables politiques et les institutions qu’ils représentent.
    A ses yeux, cette manière de procéder donne également l’impression que les réunions sont organisées dans l’urgence afin d’obtenir rapidement l’approbation du CPC sur des décisions déjà arrêtées.
    Le deuxième reproche porte sur la composition même du CPC.
    Pour le leader de Santé du Peuple, le cadre est dominé par des partis proches du pouvoir, ce qui place systématiquement les formations de l’opposition en position minoritaire lors des prises de décision. « Le CPC est composé de plus de partis inféodés au pouvoir. Cela fait que nous sommes presque toujours mis en minorité au moment des prises de décision. Cela enlève au cadre tout son intérêt », affirme-t-il.
    Il précise que ces difficultés expliquaient déjà une participation irrégulière de son parti aux différentes sessions.
    Si les critiques envers le fonctionnement du CPC ne sont pas nouvelles, Georges William-Kouessan estime que l’instauration de la Ve République constitue le point de rupture. « La 5e République, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », résume-t-il.
    En prenant ses distances avec le CPC, le Président de Santé du Peuple adresse un signal fort sur la crise de confiance qui, selon lui, affecte désormais les mécanismes de concertation entre le pouvoir et une partie de l’opposition togolaise. 
    Dr  Kouessan a réitéré son appel en faveur d’un retour pur et simple à la Constitution de 1992, qu’il considère comme une étape essentielle pour restaurer l’État de droit et renforcer la démocratie au Togo.

LC

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