La question de la délimitation de la frontière maritime entre le Togo et le Ghana connaît un nouveau développement. À la suite de la décision du Ghana d’engager une procédure d’arbitrage international relative à cette délimitation, la Commission nationale des frontières maritimes du Togo (CNFMT), sous l’égide du ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, a tenu une conférence de presse le vendredi 27 février 2026 pour éclairer l’opinion publique sur les enjeux de ce dossier.
Les autorités togolaises ont, lors de cette rencontre, confirmé la saisine par la commission ghanéenne de frontières du Tribunal des Nations Unies sur le droit de la mer et se disent prêtes à défendre les intérêts du pays.
Un dialogue bilatéral engagé depuis 2018
Depuis juin 2018, la CNFMT a engagé des discussions avec son homologue ghanéen pour la délimitation des frontières maritimes communes, suite à des incidents survenus en novembre 2016 et mai 2028 dans les zones non délimitées. Soucieux d’éviter toute escalade, les deux États ont convenu d’un dialogue bilatéral conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
Ces négociations, s’inscrivant dans un cadre juridique international clair et contraignant, se sont tenues alternativement à Lomé et à Accra jusqu’en 2023. Au total, 11 réunions officielles ont eu lieu, permettant aux parties de présenter et d’examiner leurs revendications respectives. Elles ont également permis de conclure certains accords techniques sur le point de départ de la frontière, la ligne de base et la carte maritime, tout en identifiant les points de désaccord persistants, ouvrant la voie à un règlement pacifique et structuré de la frontière maritime entre le Togo et le Ghana.
Le Président de la CNFMT, Col. Néyo Takougnadi, a rassuré qu’«il n’y a pas eu vraiment d’incidents où les deux forces navales se sont affrontées, jamais de cela».
Les points de divergence
Des divergences persistent entre les deux États concernant la délimitation des frontières maritimes. Elles portent principalement sur la prise en compte de certains faits et événements que la partie togolaise estime essentiels pour garantir un accès équitable à la mer. Les points de désaccord découlent de l’application des dispositions du traité des Nations Unies sur le droit de la mer.
En effet, les calculs purement théoriques doivent être ajustés à l’aide d’éléments historiques et techniques afin d’infléchir la ligne obtenue. Or, cette approche priverait le Togo d’un accès à la haute mer et soulève également des incompréhensions concernant la zone de rade.
Depuis 2023, avec les changements intervenus au niveau de la commission ghanéenne, les discussions sont restées en suspens. « Nous attendions que la nouvelle commission se mette en place pour relancer nos discussions et aplanir ces divergences lorsque cette information est arrivée », a souligné Noupokou Damipi, Négociateur principal.
Le Togo serein
Les autorités togolaises estiment que ces différends auraient pu être réglés au plus haut niveau entre les deux Chefs d’État. Toutefois, le Ghana a opté pour l’arbitrage international. Le Togo, confiant dans ses arguments, se dit prêt à les présenter afin d’obtenir une délimitation officielle de la frontière maritime entre les deux pays.
« Le gouvernement abordera cette étape avec le sens des responsabilités, la sérénité requise et dans le grand respect de ses droits et intérêts légitimes. Fidèle à sa tradition diplomatique, le gouvernement togolais réaffirme son engagement constant en faveur du règlement pacifique des différends. La République togolaise a toujours privilégié le dialogue, la concertation et le recours aux mécanismes juridiques internationaux appropriés pour résoudre toute divergence dans un esprit d’apaisement, de coopération et de stabilité régionale. Il tient à souligner que la coopération régionale et les relations de bon voisinage constituent une priorité stratégique majeure. Le Togo entretient avec le Ghana des liens historiques, humains et économiques étroits et privilégiés qu’il entend préserver et renforcer. Notre ambition commune doit demeurer celle d’un espace ouest-africain stable, solidaire et résolument tourné vers le développement partagé dans l’intérêt supérieur des peuples », a souligné le ministre Hodabalo Awaté.
Espérons que la sagesse l’emporte afin de parvenir à une résolution pacifique.
Georges A.
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