Politique




Par Georges Apetsi - 23/11/2023
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Dédoublement de l'Autoroute de l'Unité RN1, construction du chemin de fer reliant Lomé à Cinkassé Tout sauf un événement

    L’Africa Investment Forum (AIF) a servi de cadre pour mettre sur la rampe de lancement les projets de dédoublement de l’Autoroute de l’Unité RN1 et de construction du chemin de fer reliant Lomé à Cinkassé vont voir le jour.  Cela a été la cause du récent déplacement de Faure Gnassingbé et des ministres  en charge des transports et de la promotion de l’investissement à  Marrakech, le Togo ayant obtenu l’engagement de la Banque africaine de développement (BAD) et de ses partenaires pour la réalisation desdits projets. Estimés à 6,5 milliards de dollars, les deux projets ont pour but, selon les sources gouvernementales, de permettre au Togo de consolider sa position de hub logistique et de corridor de développement économique, avec un impact encore plus important sur les pays de l’hinterland.
    C’est comme qui dirait de nouvelles infrastructures comme les Togolais n’en ont jamais vu qui se profilent à l’horizon. L’idée d’une autoroute est toujours bonne à prendre, et elle l’est plus encore quand il s’agit d’établir cette voie de communication entre le Nord et le Sud.
    Un tel projet ne peut que plaire aux Togolais dans leur ensemble. L’idée est d’autant plus excellente, que la route nationale 1 (N1) qui va de Lomé jusqu’à Cinkassé, demeure source d’inquiétudes pour nombre d’usagers. Elle est de loin le plus grand théâtre d’accidents tous plus mortels les uns que les autres. Il suffit de se référer aux traditionnels chiffres dévoilés par le ministre de la Protection civile et son collègue des Transports, à l’occasion de chaque bilan trimestriel, pour s’en convaincre.
    La vérité est que la nationale  N°1 reste à l’état archaïque et n’a jamais été refaite avec des standards devant prendre en compte le flux actuel. L’autoroute Lomé-Cinkassé vient-elle pallier les insuffisances infrastructurelles d’une route trop étroite, trop dangereuse et aux enjeux énormes pour tout le pays ? On a beau se féliciter des deux projets que va financer la BAD, la construction de l’autoroute de l’unité Lomé-Cinkasse ne date pas d’aujourd’hui. Elle est même symptomatique d’une gouvernance menée sans sérieux aucun d’un système fossilisé et bien décidé à glander au détriment des Togolais.
    Fin 2020, le Singapourien Olam ( entreprise singapourienne de négoce et de courtage de denrées alimentaires ) à travers Arise, sa filiale destinée aux infrastructures et en partenariat avec l’AFC (Africa Finance Corporation), proposait déjà de construire l’autoroute Lomé-Cinkassé. Si l’information avait été donnée à l’époque par Sani Yaya, le toujours ministre de l’Économie et des Finances, il était prévu la construction de 2x2 voies dans les 3 ans suivant la signature. Sauf qu’entre-temps, le fameux Plan national de développement (PND) sur lequel reposait ce chantier avait disparu des radars. Il a subi le même sort que la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) et le Programme d’Urgences de Développement Communautaire (PUDC).
    Il est grand clerc, celui qui dira le sort qui sera réservé à la sacro sainte feuille de route gouvernementale. En venant au pouvoir en 2005, Faure Gnassingbé avait déjà fait miroiter la construction d’une autoroute devant rallier les deux pôles du pays. Dix-huit bonnes années après, rien n’a été constaté. Demain, on rase gratis, c’est le credo de Faure Gnassingbé qui remet toujours à la saint-glinglin ce qu’il peut faire ici et maintenant. C’est le meilleur moyen de perdurer au pouvoir quand on manque de vision. Le lancement des projets de dédoublement de l’Autoroute de l’Unité RN1 et de construction du chemin de fer reliant Lomé à Cinkassé est tout sauf un événement.

Sodoli KOUDOAGBO

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