Le Parti National Panafricain (PNP) avait appelé le peuple togolais à une manifestation pacifique le 13 avril 2019, dans un contexte sociopolitique déjà tendu. À la veille de cette mobilisation, plusieurs témoignages faisaient état d’un climat d’intimidation, avec l’implication présumée de représentants de l’administration territoriale et des forces de sécurité dans certaines localités, notamment dans la préfecture du Kloto.
Le 12 avril 2019, à Kpalimé, des militaires auraient fait irruption dans des domiciles, procédant à des passages à tabac et instaurant des patrouilles jugées arbitraires. À travers le pays, les points de rassemblement annoncés pour les marches ont été investis par les forces de l’ordre. La résidence du président du PNP, Tikpi Atchadam, a été vandalisée, tandis que trois jeunes assurant sa sécurité ont été enlevés vers une destination inconnue.
Dans ce climat de tension, le vice-président du PNP à Kpalimé, Kalao Palaki Yem, a échappé de justesse à une interpellation, à la suite d’une confusion sur son adresse. Cet épisode marque le début d’un long feuilleton sécuritaire autour de sa personne.
À l’approche de l’élection présidentielle du 22 février 2020, les autorités togolaises, par la voix du ministre de la sécurité Yark Damehame, ont dénoncé une tentative de déstabilisation du pays. Une trentaine de personnes, de différentes nationalités, ont été interpellées dans le cadre d’un groupe dénommé « Tigre Révolution », que le gouvernement a lié au PNP. Des accusations fermement rejetées par des responsables du parti, qui ont dénoncé une manipulation.
Dans la foulée, le PNP a appelé au boycott du scrutin présidentiel, marqué par la candidature controversée de Faure Gnassingbé à un quatrième mandat. Après la proclamation des résultats, des manifestations ont éclaté, suivies d’une vague d’arrestations visant plusieurs figures de l’opposition.
C’est dans ce contexte que le président local du PNP à Kpalimé a été arrêté. Quant à son vice-président, Kalao Palaki Yem, il a échappé de nouveau à une interpellation avant de prendre la fuite en juillet 2020. Depuis lors, il vivrait dans la clandestinité, activement recherché par les autorités.
Le 9 octobre 2023, il a été convoqué par le Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie nationale à se présenter à la direction générale de la gendarmerie à Agoè-Cacavéli. N’ayant pas répondu à cette convocation, un mandat d’arrêt national a été émis contre lui le 15 octobre 2023.
Aujourd’hui, la situation de Kalao Palaki Yem suscite de vives inquiétudes au sein de ses proches et de son parti. Considéré comme une cible dans un contexte de répression politique, il fait l’objet d’appels pressants en faveur de sa protection, où qu’il se trouve actuellement. Ses soutiens estiment que sa sécurité doit être garantie et que ses droits fondamentaux doivent être respectés.
Au-delà de son cas, cette affaire relance le débat sur les libertés publiques, le traitement de l’opposition et la nécessité d’un climat politique apaisé au Togo.
LC
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