Au pouvoir depuis trente ans, le Congrès National Africain(ANC) a perdu, le 29 mai 2024, sa majorité absolue à l’issue des élections législatives en Afrique du Sud. Un revers historique pour l’ancien mouvement de lutte contre l’apartheid. La colère des électeurs face à la corruption, les coupures d’électricité, le chômage et la criminalité ont eu raison du parti au pouvoir qui a obtenu à peine 40 % des suffrages, contre 57,5 % lors des élections précédentes, en 2019. Le principal parti d’opposition, l’Alliance Démocratique, s’en sort avec 21 % des voix et arrive en deuxième position pendant que le parti, umKhonto we Sizwe (MK), de l’ex-Président Jacob Zuma créé il y a tout juste quelques mois, devient la troisième formation politique du pays, avec près de 15 % au niveau national. Dans le fief de l’ancien Chef de l’Etat, la province du Kwazulu-Natal, il obtient près de 45 %, soit deux fois plus que l’ANC.
On tend inexorablement vers la formation d’un gouvernement d'union nationale avec plusieurs partis d'opposition à l’image de celui mis en place par Nelson Mandela après la chute du régime d'apartheid en 1994 et auquel avait participé le parti rival de l'Inkhata Freedom Parti (IFP) et le Parti national, au pouvoir sous l'apartheid, avant de se retirer deux ans plus tard.
A l’évidence, pour un parti au pouvoir depuis 30 ans, les résultats mitigés sont bien justifiés. C’est bien dans l’ordre normal des choses. Aucun parti politique au pouvoir , fût-il ANC ayant vaincu l’apartheid, ne peut éternellement gagner les élections.
Le changement est inhérent à la vie de l’homme. Le parti de Nelson Mandela dans l’exercice du pouvoir ne peut, malgré sa volonté, satisfaire à tous les besoins de la population.
C’est donc normal que l’ANC perde année après année la confiance du peuple. Les résultats sont juste le respect de la volonté du peuple dans une élection libre, transparente et démocratique.
Ailleurs comme au Togo, le parti au pouvoir annoncé toujours vainqueur de toutes les élections malgré la faillite générale de la gouvernance, est juste l’expression du refus de la compétition électorale.
Il s’agit de la confiscation du pouvoir depuis 58 ans du père au fils à travers de simulacre d’élections.
La vérité flagrante vient du pays arc en ciel, rappelons-le, 2ème puissance économique du continent derrière le Nigeria dont les dirigeants ont été sanctionnés par leur population. Et dire que c’est tout le contraire qui se produit au misérable Togo gangrené par la corruption, la gabegie, le favoritisme, la prévarication …
Honoré ADONTUI
0 Commentaire(s):
TON OPINION
Modal title
Laisser un commentaire