Le gouvernement togolais a officiellement lancé, lundi 1er juin 2026, la campagne nationale de reboisement au Centre d’enfouissement technique d’Aképé. À cette occasion, 2 500 plants ont été symboliquement mis en terre à travers le pays, marquant le démarrage d’une campagne qui prévoit la plantation de plus de 16 millions d’arbres au cours de l’année.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Journée nationale de l’arbre, instituée depuis 1977 afin de sensibiliser davantage les populations à la lutte contre la déforestation et à la préservation de l’environnement.
Face à une déforestation croissante qui accentue les effets du changement climatique, le gouvernement s’est fixé l’ambitieux objectif de planter un milliard d’arbres entre 2021 et 2030, avec pour finalité de porter le couvert forestier national à 26 % du territoire. Les efforts déployés ces cinq dernières années ont permis la mise en terre de près de 39 millions de plants sur une superficie de plus de 49 000 hectares. Pour l’année 2026, les autorités visent la plantation de 16,8 millions d’arbres sur 11 250 hectares.
« Chaque 1er juin, les Togolaises et les Togolais plantent, structurent et entretiennent pour être en phase avec nos responsabilités humanistes. Il s’agit de bien plus qu’une tradition ; c’est une réponse nécessaire face aux défis environnementaux auxquels notre pays est confronté », a déclaré Dodzi Kokoroko, ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique.
Placé sous le sceau du triptyque « Planter, entretenir, transformer », la campagne 2026 se distingue par une approche innovante. Cette originalité se traduit notamment par le choix du Centre d’enfouissement technique d’Aképé comme site de lancement, mais également par la sélection des espèces végétales adaptées aux spécificités écologiques de chaque région. «Le choix symbolique du Centre d’enfouissement et d’Aképé qui se veut un mariage de raisons entre les déchets qui sont pollueurs, et la nécessité de la mise en terre de plants qui devraient compenser l’effet négatif de ces déchets. L’originalité aussi de 2026, nous voudrons être en phase avec ce qui correspond à nos attentes et donc nous avons choisi des essences qui correspondent à la particularité de chaque région », a expliqué le ministre.
Sur le site d’Aképé, plusieurs espèces locales ont été plantées, notamment des badamiers, des kapokiers et des khayas. Selon le Colonel Samarou Moussa, Chef Division des aires protégées et de la faune à la Direction des ressources forestières, ce choix répond à un objectif environnemental précis. « Ce centre génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre. La création de zones boisées autour du site permettra de capter le dioxyde de carbone et de contribuer à la dépollution de l’environnement. Cette mesure participe aux efforts de l’administration forestière pour atténuer les effets du réchauffement climatique », a-t-il souligné.
Dans une démarche adaptée aux réalités écologiques du pays, différentes espèces ont été retenues selon les régions. Ainsi, les filaos et les cocotiers serviront à renforcer la protection du littoral dans la Région Maritime, tandis que le teck et le caïlcédrat contribueront à la régénération des forêts dans les Plateaux. Dans les Régions Centrale, Kara et Savanes, des espèces telles que le neem, l’acacia, le karité et le baobab seront privilégiées afin de préserver les savanes et lutter contre la désertification. Le gouvernement invite chaque Togolaise et chaque Togolais à participer à cet élan national en plantant au moins un arbre dans sa concession, son école, son champ ou son quartier.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des présidents d’institutions de la République ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Joël D.
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