La suite de la visite du site au Togo, du 19 au 23 mai 2025, d’une délégation de l’Institut des Maladies Infectieuses (IDI) de l’Université Makerere en Ouganda, conduite par Mme Jhamira Martha Nakasi, le projet « SLL Pharmacovigilance », également appelé « Sauver des vies et des moyens de subsistance », a été officiellement lancé le 22 mai à l’Université de Lomé.

« Le projet « SLL Pharmacovigilance -Université de Lomé-Togo » vise à collecter des données sur les effets indésirables et secondaires des médicaments, en particulier des vaccins, afin d’assurer un suivi rigoureux ; identifier et signaler les médicaments présentant des risques pour la santé publique, assurer un suivi rigoureux des produits pharmaceutiques afin de garantir leur efficacité et leur innocuité. En matière de pharmacovigilance, il s’agit de surveiller la sécurité des médicaments en identifiant les moments où un produit devient inefficace ou présente des effets secondaires nécessitant un retrait du marché. Ce processus garantit que la santé publique est protégée et que seuls des produits sûrs et efficaces restent disponibles », a expliqué Dr Koudouvo Koffi, Responsable scientifique du projet.
Ce projet, initié pour l’Université de Lomé, est porté par le laboratoire LASBAS dont le Directeur est Pr. Tchacondo Tchadjobo. Le 1er vice-président de l’Université de Lomé, Professeur Komlan Batawila est le responsable de ce projet qui s’inscrit dans une démarche innovante visant à surveiller et analyser les effets indésirables des médicaments et des vaccins. Financé par la Mastercard Foundation, ce programme bénéficie du soutien de partenaires internationaux tels que l’Africa CDC et l’Union Africaine, ainsi que d’acteurs nationaux clés comme la Plateforme du secteur privé de la santé, les praticiens de la médecine traditionnelle, Santé Intégrée, l’UNICEF, et surtout le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, qui joue un rôle central dans ce projet.
« La pharmacovigilance s’occupe du bon emploi des produits de santé. Les médicaments tels que nous les connaissons ne sont pas des bonbons, donc ils sont là pour soigner, mais ils peuvent aussi causer des dommages. Donc, notre travail à nous, c’est de nous assurer que le bon médicament soit bien prescrit, soit bien dispensé, soit bien consommé par la population afin de pouvoir améliorer la santé publique. Et donc, je me réjouis que ce partenariat ait réuni toutes ces personnes pour la bonne marche de ce projet », a lancé le représentant du ministre de la santé et de l’Hygiène publique.
Dans le cadre des activités, les acteurs prévoient de retourner sur le terrain afin de collecter des données sur les vaccins et les médicaments utilisés par la population, d’identifier les effets indésirables et secondaires rencontrés, et, si nécessaire, de retirer certains produits du marché.
Selon Dr Koudouvo, « les effets indésirables secondaires ne signifient pas nécessairement qu’un médicament est mauvais, mais qu’il agit dans l’organisme. Ces effets doivent rester à un certain niveau. Lorsque ce seuil est dépassé, la pharmacovigilance recommande le retrait du médicament du marché, ce qui constitue une bonne nouvelle pour la population. »
Concernant les médicaments et les vaccins, notamment celui contre la COVID-19, qui a eu un impact important au Togo et dans le monde, le Directeur scientifique du projet ajoute qu’il est essentiel, en collaboration avec les pharmaciens et médecins, de veiller à ce que les produits nécessitant un retrait soient effectivement retirés. « Nous ne pouvons pas encore dire précisément quels vaccins seront évalués, car certains sont courants et d’autres nouveaux arrivent régulièrement. À chaque campagne de vaccination, le service de l’immunologie et la Faculté des sciences et de la santé, avec l’implication des pharmaciens, identifieront les vaccins concernés. Nous recueillerons alors des données qui permettront de déterminer si un vaccin doit être retiré. Le ministère de la Santé transmettra ces informations à l’OMS afin d’assurer le retrait officiel du marché si nécessaire », a-t-il confié
L’Université de Lomé rejoint ainsi un réseau de 14 pays d’Afrique de l’Est, centrale et de l’Ouest participant à ce programme. Le projet, qui s’étend sur six mois, est désormais dans sa phase finale, avec environ trois semaines restantes.
Georges A.
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