Reconnue pour son engagement en faveur de l’éducation des jeunes filles et pour sa lutte contre les mariages précoces et forcés, l’ONG « Education et Développement » œuvre également à combattre les mutilations sexuelles au sein de la communauté musulmane. Elle s’attache à garantir à la jeune fille, trop souvent considérée à tort comme inférieure, les mêmes droits que tout être humain.
L’ONG « Éducation et Développement » fait face à de nombreuses difficultés dans l’accomplissement de sa mission dans certains milieux. À tort, elle est accusée d’encourager un esprit de révolte chez les jeunes filles. Pourtant, son objectif principal reste la promotion de leurs droits, notamment celui à l’éducation.
Dans certaines communautés musulmanes, la scolarisation des filles est encore perçue comme secondaire, voire inutile. Cette vision entraîne de graves conséquences : abandon précoce des études, mariages forcés et unions dans des foyers polygames. De nombreuses jeunes filles se retrouvent ainsi contraintes d’épouser des hommes beaucoup plus âgés, parfois sans leur consentement, et de cohabiter avec des coépouses plus âgées.
Face à cette réalité, plusieurs jeunes se sont mobilisés en adhérant à l’association. Celle-ci leur sert de cadre légal pour sensibiliser les populations et défendre les droits des filles. À travers des campagnes menées dans les mosquées et des échanges avec les familles, ils dénoncent les effets néfastes de la déscolarisation et du mariage précoce qui constituent un des freins au développement. Leur engagement vise à faire évoluer les mentalités et à offrir aux jeunes filles la possibilité de construire leur avenir.
Cependant, cette lutte est loin d’être sans risques. Les membres de l’association ont souvent été confrontés à l’hostilité de certaines autorités religieuses et traditionnelles, qui estiment que leurs actions vont à l’encontre des normes établies. Selon ces dernières, une jeune fille doit être mariée très tôt pour éviter les dérives morales, et ne peut choisir librement son époux.
La situation s’est davantage détériorée en août 2023, lorsque des groupes de jeunes, avec le soutien de certaines autorités et en collaboration avec les forces de l’ordre, ont été mobilisés pour empêcher toute activité de sensibilisation. Plusieurs membres de l’association notamment Ouro Koura Aboudou Razakou, Ouro Sama Nazifou, Tchagnirou Rafatou, Soulé Raimou, Tchadjobo Fataou, Bawa Traoré Rafat, Bayor-Wassiou Kadiratou ont été menacés, agressés. Certains ont subi des enlèvements, des actes de torture et la destruction de leurs biens. Craignant pour leur vie, certains sont contraints de fuir le pays
Aujourd’hui encore, ces militants restent recherchés, tandis que leurs familles continuent de subir des menaces, illustrant la persistance des tensions autour de cette lutte pour les droits des jeunes filles.
La Rédaction
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