La capitale togolaise, Lomé, a accueilli du 10 au 17 mai deux importantes rencontres du monde méthodiste africain, réunissant des responsables ecclésiastiques venus de plusieurs pays du continent ainsi que des partenaires de l’Église méthodiste de Grande-Bretagne. Ces assises ont porté à la fois sur la question de la justice réparatrice liée à la traite transatlantique des esclaves et sur les défis sociopolitiques et économiques auxquels fait face l’Afrique.
La première rencontre a réuni des représentants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Ghana, le Nigeria, la Sierra Leone, la Gambie, le Cameroun et le Togo, autour des conséquences de la traite négrière transatlantique. Les échanges ont permis de revisiter les atrocités commises durant cette période sombre de l’histoire africaine et de réfléchir aux mécanismes de réparation, de réconciliation et de compensation en faveur des victimes et de leurs descendants.
Dr Paul Kwabena Boafo, Président du Conseil Méthodiste Africain, a souligné la nécessité d’une reconnaissance historique des souffrances infligées aux peuples africains. « Nous avons discuté des mesures de remédiation à apporter aux victimes de cette traite négrière qui constitue une action haineuse contre le peuple africain », a-t-il déclaré.
La seconde rencontre, organisée du 14 au 17 mai, a été consacrée au sommet des Présidents de conférences du Conseil Méthodiste Africain (CMA). Plus de 60 délégués issus d’une vingtaine de pays d’Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Centre et australe y ont pris part sous le thème : « Appelés à transformer le paysage sociopolitique et économique de l’Afrique ».
Durant les travaux, les responsables méthodistes ont planché sur plusieurs défis majeurs qui fragilisent le continent : chômage des jeunes, corruption, mauvaise gouvernance, conflits armés, migrations, pauvreté croissante, dégradation de l’environnement et inégalités sociales.
Selon le Dr Boafo, l’Église ne peut rester en marge des réalités vécues par les populations africaines. « L’Église est la conscience de la nation. Nous avons le devoir de parler en faveur des pauvres, des jeunes, des femmes vulnérables et de défendre la justice sociale », a-t-il affirmé.
Les participants ont insisté sur le rôle prophétique de l’Église, appelé à dialoguer avec les gouvernements sans confrontation, mais avec fermeté, afin de promouvoir la transparence, la justice et une meilleure gouvernance.
Les questions liées à l’éducation, à la santé et à l’autonomisation des jeunes ont également occupé une place importante dans les discussions. Les responsables méthodistes ont plaidé pour une implication accrue des jeunes dans les domaines de la technologie, de l’innovation et de l’entrepreneuriat, tout en encourageant la formation basée sur les valeurs et le leadership.
Dans leur déclaration finale, les délégués se sont engagés à faire de l’Église une voix prophétique contre l’injustice, la corruption, les violences et les inégalités. Ils ont également annoncé leur volonté de promouvoir le leadership féminin, l’inclusion économique, l’éducation financière et la justice environnementale.
Le sommet a aussi salué l’impact du méthodisme africain dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement communautaire, tout en appelant à renforcer l’unité et la solidarité entre les Églises africaines.
Le Président de la Conférence méthodiste du Togo, Évêque Lawson-Kpavuvu D. Godson, s’est réjoui du choix du Togo pour accueillir ces importantes rencontres continentales. Selon lui, ces assises permettront de renforcer l’influence du méthodisme en Afrique et d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des populations.
Les travaux se sont achevés dimanche 17 mai 2026 par des célébrations dans plusieurs temples méthodistes à travers le pays, avec la participation des évêques et responsables ecclésiastiques venus de diverses nations africaines
Georges A.
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