Chaque année au Togo, de nombreuses familles sont endeuillées par les accidents de la route. En 2023, au premier semestre, 3 262 accidents routiers, 282 morts et 4 611 blessés. Selon les statistiques, 18 accidents sont enregistrés tous les jours avec au moins 2 morts et 18 blessés. La majorité de ces accidents pourraient être évités si les autorités togolaises ne font montre d’un laxisme défiant tout bon sens.
Selon le classement établi par l’Organisation mondiale de la Santé, sur le continent, les disparités entre les nations révèlent un panorama aussi diversifié que préoccupant. Avec en moyenne 19,6 décès pour 100.000 habitants, l’Afrique paie le prix fort d’une crise routière où se mêlent négligence, politique, pauvreté et infrastructures défaillantes.
Dans la région ouest-africaine, des pays tels que la Guinée, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Ghana, le Niger, le Bénin, le Togo et la Gambie enregistrent des chiffres qui dépassent largement la moyenne, signe d’un manque d’infrastructures adaptées.
Dans la majorité de ces pays, 90 % des décès se produisent dans des environnements marqués par des infrastructures défaillantes, une urbanisation incontrôlée et un parc automobile vieillissant, souvent composé de véhicules d’occasion importés sans répondre aux normes de sécurité. Les statistiques révèlent que plus de la moitié des victimes sont des usagers vulnérables – piétons, motocyclistes et cyclistes – ces derniers subissant des risques exacerbés par l’absence de trottoirs, de pistes cyclables et de contrôles routiers rigoureux.
Classé 16I” dans ce classement, le Togo enregistre environ 22 décès pour 100.000 habitants. Au Togo, il ne se passe un jour qu’une personne perde la vie sur la route dans des conditions particulièrement effroyables. Les routes togolaises sont théâtres quotidiennement de drames.
Samedi 22 février dernier, un grave accident s’est produit à Bouladè, une localité située à 15 km au nord de Bafilo, marquant une nouvelle tragédie sur le réseau routier du pays. On déplore un mort et 18 blessés graves. L’accident a impliqué un minibus de 15 places et un gros porteur, probablement chargé de marchandises. Des témoins de l’accident rapportent une scène de chaos : des corps coincés sous la carcasse des véhicules, des cris de détresse et une mobilisation d’urgence des riverains avant l’arrivée des secours.
Le cas particulier de la Nationale n°1 ne cesse de défrayer la chronique. Des voies ne cessent de se lever pour demander le dédoublement de cette route. Mais les autorités ont toujours baigné dans un dilatoire indicible. Le projet de dédoublement annoncé depuis de nombreuses années n’a jamais passé à l’étape de la concrétisation.
« Le dédoublement de la Nationale N°1 nécessite de gros moyens. Le pays comme le Togo n’a pas de ressources minières pour et aussi des projets pareils demande étude de terrain, entreprise pour et autres. Et d’ailleurs, l’État a d’autres priorités. Il y a tellement de besoins dans tous les domaines », a déclaré Myriam Dossou, ancienne ministre et députée du parti au pouvoir. Une sortie qui a suscité beaucoup d’indignation, sachant que le projet était annoncé, il y a quelques années, dans le programme du chef de l’Etat Faure Gnassingbé.
Face à ces chiffres déconcertants, il apparaît indispensable. Au Togo, cela passe inéluctablement par la construction des routes de qualité avec tous les éléments techniques y afférents
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