Il était tout souriant jeudi 23 mai 2024 à N’djamena, à l’investiture de Mahamat Idriss Déby. Faure Gnassingbé est allé féliciter de vive voix son homologue et lui a formulé ses vœux de succès dans sa mission. Au lendemain du décès de son père de président Idriss Déby Itno au front le 20 avril 2021, son fils Mahamat a été imposé aux Tchadiens. La révolte populaire qui s’en est suivi a été matée dans un bain de sang. C’est ainsi que Déby-fils s’installe pour trois ans de transition pour finalement se faire déclarer vainqueur de la présidentielle du 6 mai avec 61% de suffrages.
Ceci fait le bonheur d’un autre fils du père qui a perdu ses semblables du continent.
Le phénomène du fils qui succède à son géniteur dans une République a commencé à gagner du terrain. Mais par la force des choses, Joseph Kabila Kabange a passé la main le 24 janvier 2019 en République Démocratique du Congo et Ali Bongo-Ondimba a été déposé le 30 août 2023 par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, Commandant en Chef de la Garde présidentielle. Un putsch intervenu quelques heures après la proclamation des résultats de la présidentielle par le Centre gabonais des élections, qui a donné Ali Bongo Ondimba vainqueur avec 64,27 % des suffrages, contre Albert Ondo Ossa (30,77 %), candidat désigné par une large partie de l’opposition. Depuis lors, Ali Bongo Ondimba, est mis à la retraite par les militaires et placé en résidence surveillée.
La proximité de Faure Gnassingbé avec le fils d’Omar Bongo est assez parlante. Le putsch du 30 août lui a naturellement fait perdre un allié de la même lignée.
Tout bien pesé, un autre fils à papa investi de plein pouvoir ne peut que renforcer le pouvoiriste de Lomé.
Il est bien à son aise dans des situations de hold-up électoral. Sinon, après 34 ans cumulé de règne despotique des Déby dans un Tchad aussi délabré et misérable, qu’est ce qui peut justifier une large victoire de Mahamat à cette présidentielle ?
Comme pour confirmer le dicton populaire selon lequel ce sont les oiseaux de même plumage qui volent ensemble, à l’investiture du très proprement élu président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye le 2 avril 2024, Faure Gnassingbé a brillé par son absence car ce monde ne ressemble aucunement au sien bien assis sur le braquage électoral.
Honoré ADONTUI
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