En marge de la Journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars, l’orphelinat Soutien pour l’Enfance en Souffrance (SPES), en collaboration avec l’association Centre des Femmes d’Appui à la Décentralisation (CeFAD), a organisé le mardi 10 mars 2026 une journée de sensibilisation autour du thème : « L’autonomisation de la femme, une condition pour sa participation à la vie communautaire et politique ». La rencontre s’est tenue au centre de l’orphelinat à Kégué á Lomé et a rassemblé plusieurs femmes venues échanger sur les enjeux de leur autonomisation.

Cette activité a permis de mettre en lumière le rôle central que joue l’autonomie économique et sociale dans l’épanouissement des femmes et leur implication dans la vie publique.

Pour Mme Béatrice Ablavi Alognon Odjo, Directrice de SPES Lomé, l’autonomisation des femmes est intimement liée à la question des droits et de la justice. « Lorsque la femme acquiert son autonomie, elle peut jouir pleinement de ses droits et participer activement à la vie communautaire et publique », a-t-elle expliqué. Selon elle, l’objectif de cette rencontre est d’encourager les femmes à aller au-delà d’une seule activité génératrice de revenus et à chercher constamment à améliorer leurs compétences afin de renforcer leur autonomie économique.

Sociologue de formation, Mme Alognon Odjo a également partagé son expérience de terrain auprès des femmes en milieu rural. Elle a souligné que beaucoup d’entre elles, souvent analphabètes, ont un accès limité à l’information sur leurs droits et ne savent pas vers quelles structures se tourner lorsqu’elles sont victimes de violences, d’abus ou d’expropriation de leurs terres. « Nous voulons leur faire comprendre qu’elles ont des droits, qu’elles peuvent parler de leurs problèmes et être écoutées », a-t-elle indiqué.
Elle a par ailleurs invité les femmes à participer activement aux séances de sensibilisation organisées dans leurs communautés et à suivre les émissions radiophoniques consacrées aux questions de droits. Selon elle, l’information et l’écoute sont des moyens essentiels pour permettre aux femmes de mieux connaître leurs droits et les mécanismes de recours.

La Directrice de SPES a également encouragé ses « sœurs » à entreprendre des activités génératrices de revenus. « Toutes les femmes ne sont pas appelées à travailler dans la fonction publique, mais il existe de nombreuses activités capables de générer des revenus. Lorsqu’une femme gagne son argent, elle contribue aux charges du ménage et bénéficie d’un plus grand respect au sein de sa famille. Cette contribution favorise aussi la scolarisation et le bien-être des enfants », a-t-elle affirmé.
De son côté, Mme Eyram Adoudé Emmanuela Bouaben, Présidente de CeFAD, a insisté sur l’importance de l’autonomie économique et sociale des femmes pour leur participation effective à la vie communautaire et politique. Selon elle, une femme autonome est mieux placée pour s’impliquer dans le développement de son quartier, de sa commune et, plus largement, de son pays.

« Une femme qui est capable de subvenir à ses besoins et de prendre soin d’elle-même peut également apporter sa contribution aux travaux communautaires et être choisie par sa communauté pour occuper des responsabilités », a-t-elle expliqué. Elle estime qu’une telle dynamique pourrait favoriser une plus grande représentation des femmes dans les comités de développement de quartier, les conseils municipaux ou encore les conseils régionaux.

Mme Bouaben a également relevé que les femmes sont majoritaires dans la population togolaise et que leur autonomisation progressive pourrait avoir un impact significatif sur le développement du pays. Selon elle, lorsque des femmes deviennent des modèles pour d’autres femmes et pour les jeunes filles, cela crée un effet d’entraînement susceptible d’augmenter leur présence dans les instances de prise de décision.
Un sketch illustrant le thème de la rencontre a été présenté par les femmes de SPES Lomé.

À travers cette initiative, SPES entend ainsi renforcer la sensibilisation autour des droits des femmes et encourager leur implication active dans la vie sociale, économique et politique, condition essentielle pour un développement inclusif et durable du Togo.
Mission de l’orphelinat SPES
Créée depuis 2000, le centre SPES Lomé s’occupe de la prise en charge des enfants en difficulté. L’orphelinat accueille notamment des orphelins, des enfants abandonnés ainsi que des enfants de personnes souffrant de troubles mentaux. Une prise en charge globale est offerte aux pensionnaires, incluant un suivi médical, psychologique et éducatif. L’accompagnement peut aller jusqu’à l’âge de 24 ans, avec à la clé un fonds d’éducation destiné à faciliter l’insertion socio-professionnelle des jeunes devenus autonomes.
Difficultés et appel aux donateurs
Toutefois, SPES fait face à plusieurs défis, notamment l’accompagnement des adolescents à la période de la puberté. Selon la Directrice, cette étape exige une attention particulière de la part du personnel afin d’aider les jeunes à traverser cette phase délicate sans compromettre leur avenir.
L’existence du centre repose en grande partie sur l’appui de donateurs et de parrains qui contribuent à la prise en charge des enfants. « Les besoins sont énormes. Nous invitons les personnes de bonne volonté à nous rendre visite et à nous soutenir », a lancé Mme Alognon Odjo.
GA
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