Le Togo fait partie des pays qui seront au chevet du Niger. Un pays dont la population, plus désemparée que jamais, a besoin d’assistance humanitaire en raison de l’imposition des sanctions économiques de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suite au coup d’État du 26 juillet 2023. L’instance sous-régionale a à peine donné son feu vert pour qu’assistance soit menée sans encombre, que le Chef de la diplomatie togolaise s’est porté volontaire en ce sens. « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que le gouvernement togolais ayant minutieusement examiné ladite requête au regard des dispositions de l’article 44 de l’acte additionnel A/SP 12/2/12 du 17 février 2012, a décidé d’y répondre favorablement dans l’intérêt du peuple frère nigérien et de notre communauté », a déclaré Robert Dussey au Président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray.
Le Niger peut donc compter sur l’aide du Togo, qui selon le patron de la diplomatie togolaise, « ne peut abandonner les pays frères qui sont en crise, en guerre et en transition politique qui constituent des moments d’incertitudes majeures et les efforts de médiation et de facilitation à l’échelle de la région et du continent seront renforcés tout au long de l’année». Soit, mais de quel Togo parle-t-on en vrai ?
Le Togo du Maître perché Robert Dussey qui a tellement de biens manufacturés, de produits agricoles et autres matières premières qu’il a à revendre, ou parle-t-on du Togo où les populations sont mises en coupes réglées, où les services liés à internet coûtent cher et où les consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer depuis qu’ils font face à des difficultés d’approvisionnement en carburant dans les stations d’essence ? On veut bien que le Togo apporte son aide aux pays nécessiteux, qu’il fasse preuve de charité, mais les autorités doivent balayer devant leur porte avant de jouer au bon samaritain. A quoi ça sert de vouloir offrir de l’aide aux voisins alors que ces aides pourraient soulager ses propres concitoyens qui sont dans un dénuement sans visage ? Mis à part le climat socio-économique nigérien contraignant à cause justement des derniers soubresauts, les deux pays n’ont rien à envier l’un à l’autre. Le Togo et le Niger, c’est deux frères logés à la même enseigne, nés de différentes mères. Cette propension à venir en aide au Niger cache mal la propension qu’a Faure et sa clique de se donner le beau rôle à chaque apparition de crise sur le continent.
Pendant que notre troubadour fait les sauveurs partout dans le monde, le peuple togolais qui vit à l’extérieur et pour lequel il est nommé n’a jamais été aussi mal traité qu’aujourd’hui. Faut croire que certains sont nés pour mettre leur génie au service du mal. Notre homme s’est encore piteusement signalé à la tribune des Nations Unies à New York comme il sait si bien le faire, allant jusqu’à coller au Togo l’étiquette de «pays de paix», pays pourtant où l’armée est souvent en guerre contre des citoyens assoiffés d’essor républicain, d’alternance, de bonne gouvernance, de démocratie pour tout dire. Mais quand on officie sous les Gnassingbé, on peut faire tuer les siens et jouer la carte de la démocratie, l’air de ne pas y toucher.
Comme au Tchad ou au Mali, Robert Dussey, globe-trotter et bras armé de la politique sulfureuse des Gnassingbé, continue de se voir investi d’une mission qui n’a jamais apporté quelque changement que ce soit, fidèle à son rôle de sauveur des peuples en perdition. Comme si le Togo, son pays qui a perdu les valeurs démocratiques depuis des temps immémoriaux, était exempt de toute assistance. Si le ridicule tuait...
Sodoli KOUDOAGBO
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