Deux mois après l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle de 2024, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) plaide pour une médiation conjointe ONU–Union africaine–CEDEAO afin d’ouvrir la voie à une transition politique pacifique au Togo.
Réunie en conférence de presse le 26 août 2026 à Lomé, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) a réaffirmé sa lecture de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO, qui qualifie la réforme constitutionnelle du 25 mars 2024 de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Pour le mouvement, cette décision ouvre une nouvelle séquence politique devant conduire à une transition fondée sur le droit et le dialogue.
La coordinatrice générale de la DMK, Mme Yemey Akossiwa, a soutenu que cet arrêt prive de légitimité les institutions issues de la Ve République. Selon elle, la priorité n’est pas la confrontation, mais l’organisation d’une sortie de crise respectueuse de la paix civile.
« Nous ne voulons pas créer d’autres violences ni d’autres victimes. C’est pourquoi nous demandons l’implication de la communauté internationale pour conduire une médiation », a-t-elle déclaré.
La DMK propose la mise en place d’une médiation réunissant l’Organisation des Nations unies, l’Union africaine, la CEDEAO ainsi que des personnalités ressources. L’objectif serait d’accompagner le départ des autorités actuelles, puis de convoquer des assises nationales inclusives et souveraines chargées d’élaborer une feuille de route de transition.
Pour Mme Yemey Akossiwa, « la transition ne peut pas chuter du ciel » : elle doit résulter d’un consensus national permettant de restaurer les institutions et de refonder l’État sur des bases démocratiques.
Au-delà de la question institutionnelle, la DMK inscrit sa démarche dans une vision plus large de la souveraineté. Le mouvement estime que la transition doit déboucher sur une « rupture » avec le système postcolonial et ouvrir la voie à une véritable autodétermination politique, économique et monétaire.
Dans sa déclaration liminaire, la DMK indique avoir saisi le Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union africaine, la CEDEAO ainsi que plusieurs chancelleries et États membres permanents du Conseil de sécurité. Le mouvement demande notamment l’ouverture d’une médiation internationale, la protection des acteurs politiques en exil, une vigilance sur les engagements financiers de l’État togolais et la prise en compte des implications juridiques de l’arrêt de la CEDEAO.
La conférence de presse s’est achevée par un appel aux forces politiques, à la société civile et à la communauté internationale en faveur d’un processus de transition « exclusivement pacifique, légal et inclusif », que la DMK présente comme le prélude à une « deuxième et véritable indépendance » du Togo.
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