Dans la nuit du 4 mai 2024, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé les résultats provisoires des élections législatives du 29 avril. A l'arrivée, le parti Union pour la République (Unir), parti au pouvoir, a décroché la timbale. Unir rafle ainsi 108 des 113 sièges à occuper, soit près de 96% des sièges à l’Assemblée Nationale, contre 5 sièges seulement pour l’opposition, si l'on en croit les chiffres publiés par Dago Yabré, le Président de la Ceni. « En récapitulatif, la répartition des 113 sièges à l’Assemblée nationale se présente comme suit. ADDI (Alliance des Démocrates pour le développement intégral) a 2 députés, ANC (Alliance nationale pour le changement) a 1 député, DMP (Dynamique pour la majorité du peuple) a 1 député, FDR (Forces démocratiques pour la République) a 1 député, Unir (Union pour la République) 108 députés», a déclaré Dago Yabré, le Président de la CENI après l'annonce des résultats circonscription par circonscription. Côté régionales, le parti présidentiel a là encore réalisé une performance comme on n'en voit que sous le ciel togolais. 137 sièges de Conseillers Régionaux sur les 179 mis en jeu, c'est tout dire.
Quant aux partis d'opposition, ils ont pu se contenter de 39 sièges et les indépendants, 3. Une victoire que le Parti Unir ne peut que savourer avec la manière. Et quoi de plus grandiose que de la solenniser en présence de Dieu ? Les dirigeants victorieux n'ont fait ni une ni deux pour prendre d'assaut les églises, mosquées et autres temples religieux pour soi-disant rendre gloire à Dieu pour leur éclatante victoire. Mais à quel Dieu le parti au pouvoir va-t-il offrir ses offrandes sacrificielles ? Au Dieu qui ne saurait souffrir les fraudes électorales ? Qui ne pardonne la sujétion, la tyrannie, le non-respect des droits humains, les prévarications, la corruption, l'oppression ? Si c'est à ce Dieu-là, la caste Gnassingbé a misé sur le mauvais cheval.
C'est se montrer cynique que d'adorer un Dieu qui a en horreur les manquements civiques dont les victorieux eux-mêmes sont victimes au détriment des Togolais. Aller jusqu'à prendre d'assaut une Église catholique à qui on refusait naguère toute observation du scrutin, c'est un peu tenter la colère divine. Ne pas renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres tout en ayant recours à un Dieu qui abhorre le mal, voilà le double jeu qu'aime jouer le parti au pouvoir.
Les écritures sont quant à elles formelles : L'Eternel est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne l'iniquité et la rébellion; mais il ne tient point le coupable pour innocent, et il punit l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération. L'Union pour la république doit en prendre de la graine.
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